Les femmes impressionnistes

Devant-le-miroir-1890-Berthe-MorisotManet, Monet, Degas, Renoir, Pissarro – tout le monde connaît les noms des célèbres impressionnistes, mais peu de personnes savent que d’importantes peintres appartiennent également à ce cercle. A une époque où la société était dominée par les hommes, quelques femmes avant-gardistes et combatives évoluèrent aux côtés des peintres impressionnistes, dont elles furent d’abord les élèves (et souvent les modèles), avant de se forger une personnalité autonome et d’être reconnues à part entière par le milieu artistique.

Parmi celles-ci, Berthe Morisot qui devint la belle-soeur de Manet en épousant son frère Eugène, Mary Cassatt d’origine américaine qui devait contribuer largement à la diffusion de l’impressionnisme dans son pays, et Eva Gonzalès qui connut un grand succès avec ses pastels.

La légèreté du coup de pinceau de Berthe Morisot, collègue, amie et modèle estimée et à succès de Manet, lui vaut d’être louée avec enthousiasme par des critiques contemporains comme la plus impressionniste des impressionnistes . L’Américaine Mary Cassatt, étroitement liée à Degas, développe à Paris un style inimitable. Eva Gonzalès, élève de Manet, a laissé une oeuvre de grande qualité, bien qu’écourtée par sa mort prématurée. Marie Bracquemond expose avec les impressionnistes, mais fait bientôt concurrence à l’oeuvre de son mari, Félix Bracquemond, et finit par abandonner la peinture.

L’impressionnisme tendait, plus que d’autres courants, à accepter les artistes femmes dans son cercle. C’est ainsi que des critiques contemporains considérèrent la peinture des impressionnistes comme explicitement féminine : dans les thèmes -scènes de la vie quotidienne, portraits de femmes, représentation de mères avec leur enfant, jardins, intérieurs, natures mortes etc. – tout comme dans le format réduit des oeuvres, destinées à une nouvelle catégorie bourgeoise d’acheteurs. Le style impressionniste, prompt à souligner les effets de lumière, avec ses surfaces délicates, la fréquente utilisation du blanc, le coup de pinceau libre et la tendance à l’esquisse des travaux fut lui aussi considéré comme féminin.