Le don de soi

motehrOn m’avait bien dit que quand j’aurais un enfant, je passerais au second plan, l’enfant devenant la priorité. Théoriquement, je l’avais donc prévu mais quelle surprise de découvrir ce dont je suis capable depuis que je suis maman ! S’oublier semble l’apanage des mamans.. Penser en permanence au bien-être de son enfant, se soucier de ses besoins, tenter d’anticiper ses souhaits, l’encadrer de manière à lui procurer amour, sécurité, autonomie, veiller aux horaires et au contenu des repas, au sommeil, aux activités ludiques, l’éveiller, l’accompagner dans ses découvertes, le rassurer, le féliciter, et plein d’autres choses encore ! De plus, la psychologie moderne a précisé le rôle et la responsabilité des parents sur l’évolution de toute la vie de leurs enfants. Et responsabilité rime trop souvent avec culpabilité de ne pas en faire assez..

Il y a ainsi de plus en plus de temps et d’énergie consacrés de manière quotidienne à nos bouts de chou et il n’est pas rare de négliger du coup nos propres besoins.. Or, nous avons nous aussi nos rythmes à respecter, nos besoins à satisfaire (le sommeil notamment!), et nous avons aussi des aspirations dans d’autres sphères de notre vie. Tout cela est-il compatible? Pas forcément, et certainement pas tout le temps.. Si nous négligeons notre corps, il se rebelle! Si nous négligeons, voire sacrifions, des besoins plus subtils et tout autant essentiels, tels que de donner du sens à notre vie, les stimulations intellectuelles ou artistiques, nous risquons à long terme de nous sentir démotivées, isolées, voire .. frustrées ! C’est avec plaisir que nous donnons de notre personne pour nos enfants qui sont tout pour nous, mais ne négligeons pas notre vie à nous. Ce seront peut-être justement nos enfants eux-mêmes – en plus de nos partenaires – qui nous reprocheront de nous être oubliées.. N’oublions pas que notre rôle est de rendre nos enfants indépendants, de leur donner l’image de l’autonomie, alors, don de soi, générosité, oui ! mais abnégation totale, non ! N’oublions pas de conserver une « vie à nous ».. pour nous-mêmes et pour la personne qui nous a permis de devenir maman..