The end of men ?

les_hommes_sont_il_compl__tement__finis___1574_north_626xLa fin des hommes est un ouvrage qui a été publié en 2012 aux Etats-Unis (il existe depuis tout récemment en Français). Ce livre est le fruit d’une enquête menée pendant deux ans aux Etats-Unis. La journaliste Hannah Rosin y décrit une société américaine où l’économie de service domine, et dans laquelle les femmes, plus communicatives, plus souples, occupent désormais des postes de haute responsabilité. Selon elle, les hommes doivent y redéfinir leur rôle et se trouver une nouvelle place. Hannah Rosin a procédé à une analyse socio-économique: « En 2009, pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, l’équilibre de l’emploi a penché en faveur des femmes. Et dans le monde entier, à l’exception de l’Afrique, elles sont majoritaires dans les universités et les écoles professionnelles (…) Les hommes bénéficiaient jadis d’un avantage numérique et physique, mais l’économie postindustrielle n’a que faire des muscles. »

« Mauvais à l’école, inadapté, déprimé, vieillissant : «Carton man» a  perdu tous ses repères. Il est dépassé par «Plastic woman», plus riche, plus ambitieuse, plus polyvalente, plus diplômée aussi. » Ce livre invite à réfléchir sur les métamorphoses des identités homme/femme, les problématiques induites par « le nouveau matriarcat ».

« Nous sommes passés d’une société industrielle à une économie de services. La force naturelle des hommes n’est plus déterminante dans la course aux jobs. En 1950, un homme sur vingt ne travaillait pas. Aujourd’hui, c’est un homme sur cinq qui est au chômage. Dans le même temps, les femmes sont devenues majoritaires dans la population active américaine. En France, elles représentent 58 % des médecins de moins de 35 ans et près d’une Brésilienne sur trois gagne plus d’argent que son mari. »

« Plus diplômées, plus indépendantes économiquement et plus sûres d’elles socialement, les femmes peuvent choisir de se marier plus tard, voire du tout ! La plupart des jeunes femmes que j’ai croisées déclarent ne pas avoir «besoin d’un homme» pour vivre. J’ai vu des banlieues entières, en Alabama, dans le Nevada, en Floride, se transformer en véritables matriarcats, régentés par des mères de famille qui remboursent le crédit de la maison et qui décident de tout, de l’éducation des enfants jusqu’à l’achat de la voiture… »

« Les femmes et les hommes ont besoin les uns des autres, évidemment. Idéalement, je suis pour que les femmes et les hommes aient le choix de leur identité sans que personne paie le prix fort. J’aimerais qu’une femme ambitieuse s’autorise à être forte et qu’un homme puisse devenir père au foyer sans qu’on lui jette la pierre. »

Voici quelques réactions au livre:

Dominique Méda, sociologue: «Ce n’est pas parce que les filles font plus d’études qu’elles accèdent aux mêmes postes, responsabilités et salaires que les hommes. Parce que l’orientation des filles reste différente mais aussi parce qu’elles continuent à prendre en charge la plus grande part des tâches domestiques et familiales. Le temps des femmes n’est peut-être pas pour tout de suite…»

Serge Hefez, psychiatre «Cette opposition entre les hommes et les femmes est absurde ! Il faut penser la mutation des rôles comme une remise à plat des identités dans leur ensemble et non en termes d’amputation ou de perte. Ne relançons pas la guerre des sexes !»

Camille Froidevaux-Metterie, professeure de sciences politiques «Le livre de Hanna Rosin a ceci d’utile et de pertinent qu’il met l’accent sur l’inédit de la condition féminine contemporaine sur fond de désexualisation des rôles et des statuts sociaux. Dommage que Hanna Rosin nourrisse le féminisme radical qui considère les hommes et les femmes dans une logique du vis-à-vis, voire du conflit.»