‘En avant toutes !’

imagesCA9FNYG4“Foncez !”» Sheryl Sandberg nous exhorte à réussir sans culpabiliser ! A la question: pouvons-nous peut tout avoir ? Une carrière et une vie familiale épanouissantes? elle répond : « Mais les hommes ont tout, eux, pourquoi pas nous ? » Elle estime « que tout est possible, toutes les formes de leadership, et qu’il faut que les femmes arrêtent d’avoir peur. Peur d’être jugées. D’être de mauvaises mères. De ne pas tout réussir parfaitement. »

Elle a démarré sa carrière à la Banque Mondiale, elle a ensuite été chef de cabinet du ministre des finances du gouvernement Clinton. En 2000, elle rejoint le secteur privé dans la Silicon Valley : elle commence chez Google et rejoint ensuite Facebook, comme bras droit de Mark Zuckerberg qui dit d’elle: « Il y a des vrais bons managers, des gens qui peuvent diriger des grandes entreprises. Et il y a des gens qui sont très analytiques et qui se concentrent sur la stratégie. Il est très rarede trouver les deux dans une seule personne ».

Sheryl Sandberg est aussi épouse et mère de deux enfants. Des rôles qu’elle voit comme des aspects essentiels de sa carrière. Dans son livre « Lean In. Women, Work and The Will To Lead », elle parle des difficultés à trouver cet équilibre. Sheryl Sandberg souhaite lancer un ample mouvement social. Son point de départ est clair: « Car la dure réalité, c’est que le monde est toujours dirigé par les hommes. » « A quoi ressemblerait le monde si la moitié de nos pays et entreprises étaient dirigés par des femmes, et la moitié des ménages par des hommes? Je ne veux pas exagérer. Je ne vais pas prétendre que cela apporterait la paix dans le monde », dit-elle. « Mais honnêtement, nous n’avons jamais essayé. Alors, qui sait? »
« Les femmes doivent être plus douces avec elles-mêmes », n’a-t-elle de cesse de répéter, affolée par la sous-estime de soi dont tant de femmes font preuve : « Elles n’osent pas s’asseoir à la table des négociations, ni demander une augmentation, ni lever la main pour poser une question… Elles ont tout le temps l’impression d’être une imposture, ou de ne devoir leur succès qu’aux autres, quand les hommes sont fiers et persuadés d’être géniaux. C’est un stéréotype, mais il est souvent vrai. C’est une question d’éducation. »
« Les hommes ne sont jamais encouragés à rester à la maison pour prendre soin des enfants. Comment pouvons-nous nous attendre à ce qu’ils prennent leur part de travaux domestiques? Les ménages où règne l’égalité sont plus heureux, tout comme les entreprises où règne l’égalité hommes-femmes réussissent mieux. Tout cela est prouvé scientifiquement. » Sheryl Sandberg estime aussi qu’à cause des stéréotypes traditionnels, il semble très difficile pour les femmes de réussir et d’être populaires. Les femmes qui accèdent à des postes élevés doivent presque toujours renoncer à être sympathiques et se voient affubler d’étiquettes comme « agressives » ou « bossy ». Et s’entendent dire « qu’elles doivent changer de style », poursuit-elle.
Chiffres à l’appui, elle assure que les couples égalitaires s’entendent mieux sur tous les domaines – « un homme qui fait la lessive fait aussi plus l’amour ! » – et a consacré tout un chapitre au choix de l’homme avec qui l’on veut partager sa vie. « Si une femme veut réussir, la première chose, c’est de trouver quelqu’un qui ait envie de vous mettre en avant. Sortez avec tous les bad boys du monde si vous voulez, mais, quand vous choisirez le père de vos enfants, prenez un type gentil qui vous aidera ! » Et vous déculpabilisera. « Les femmes veulent être parfaites, reprend-elle. Mais notre société joue contre elles : les cadres travaillent de plus en plus – 62 % d’entre eux aux Etats-Unis passent plus de 50 heures par semaine au travail – et les mères consacrent un temps énorme à leurs enfants, faisant ce que des sociologues ont qualifié de “maternage intensif”. Des deux côtés, on a allongé leur temps de travail ! Elles ne peuvent pas y arriver ! »

Selon Sheryl Sandberg, les femmes aussi ont leur part de responsabilité. Elles minimisent trop souvent leurs propres chances de succès. Elles sont trop peu entreprenantes et se sous-estiment. Elles se mettent en retrait au moment où elles devraient justement prendre part à la conversation (d’où le titre du livre). Sa conclusion est que les femmes souffrent d’un manque de confiance en elles et ont une tendance permanente à se sous-estimer. Ainsi, elle recommande aux femmes d’en finir avec les doutes et la sous-évaluation et de croire en leurs propres talents.

La controverse monte autour de la « superwoman » considérée comme trop élitiste .. Ses conseils sont-ils adaptés à des jeunes mères ou mères célibataires ? Il est clair que la carrière de Sheryl Sandberg a un caractère exceptionnel mais c’est aussi cela qui nous permet de trouver de l’inspiration et de la force pour exister sur la ‘scène’ professionnelle, ce serait dommage de s’en priver ..