Où sont les femmes dans les débats ?

barbeNous, les femmes, participons à la vie active, à la recherche dans les universités, à l’émergence de nouveaux débats de société, et pourtant il y a si peu d’expertes invitées dans les débats, sur les médias, proportionnellement à notre contribution à la société. Si nous voyons si peu de femmes dans les conférences, séminaires, dans les débats sociétaux, est-ce de notre ‘faute’ ? Sommes-nous trop en retrait par rapport aux experts masculins ? Faut-il s’interroger sur ceux et celles qui invitent les experts ? Avons-nous la même crédibilité ou légitimité que les hommes quand il s’agit de discussions économiques, politiques, techniques ou spirituelles ?

Dans le cadre des débats économiques qui ont lieu à la télévision et à la radio, il faut avoir beaucoup de chance pour espérer entendre une femme … alors que ce sont justement les ‘questions’ économiques qui sont le plus débattues et qui suscitent le plus grand intérêt des médias. Les experts sont globalement toujours les mêmes depuis des années. Ils semblent donc disposer d’un monopole peu contesté jusqu’à présent.

C’est sur base de ces constats que l’association française ‘La Barbe’ agit en envahissant les lieux traditionnellement dominés par les hommes en portant des barbes. L’action peut se jouer dans un restaurant, dans une salle de réunion, à l’AG d’une entreprise ou d’un syndicat, dans un jury de festival … et le résultat est saisissant car l’on réalise alors à quel point nous sommes habituées à ne voir que des hommes dans certaines circonstances..

Il y a cependant matière à espoir, notamment dans le cadre du développement durable. Dans ce domaine en effet, les femmes sont particulièrement actives. A titre d’exemple, Coline Serreau a réalisé l’an dernier un documentaire « Solutions locales pour un désordre global » qui a suscité un grand enthousiasme. La journaliste Marie-Monique Robin a réalisé différents documentaires sur les dérives de l’industrie agro-alimentaire.

« Le développement durable, l’agronomie et les sciences de la vie sont les domaines où les femmes ingénieures sont les mieux représentées. Les directeurs du développement durable des grosses entreprises les plus reconnues aujourd’hui sont des femmes. Les premiers cabinets de consulting en développement durable ont été fondés par des femmes, comme le comité 21 qui régit les agendas 21 sur le territoire et est toujours dirigé par une femme. Qui enfin a su le mieux faire résonner l’alerte écologique sinon la canadienne Rachel Carson et son ‘Printemps silencieux’ dès les années 1960 ? Bref, l’écologie est l’un des seuls secteurs d’activité où les femmes sont déjà en place du bas jusqu’en haut de la pyramide, et où elles peuvent faire valoir leur vision (source: ecoloinfo.com) ». C’est promis, j’essaierai un maximum de relayer sur ce blog ce que les nombreuses expertes ont à nous dire !