Nous, les femmes, sommes-nous entrepreneuses ?

imagesCANQWNY9J’étais hier au Salon ‘Entreprendre’ de Bruxelles. Premier étonnement: l’affiche du salon représente un homme, donc un signe que le mot ‘entreprendre’ rime avec ‘homme’.. Mais soit, passons outre.. j’ai le plaisir d’écouter Isabella Lenarduzzi qui a créé Jump (vous trouverez le lien vers Jump dans la liste des liens du blog) et qui animait une session: ‘L’entrepreneuriat au féminin’.

Voici ce que j’ai appris lors de cette session: en Belgique, bien que l’environnement professionnel y soit propice (en matière de facilité à entreprendre, la Belgique se classe parmi les premiers pays européens), seules 2.91% des femmes ont lancé leur propre activité, bien moins que dans les autres pays au revenu élevé, où la moyenne se situe à 7.91%. Seul un indépendant sur trois est une femme alors que celles-ci représentent près de la moitié des commerçants et de plus en plus de professions libérales. Près de la moitié (44%) des indépendantes ayant des enfants en bas âge estiment que se lancer comme indépendante n’est pas un choix de carrière socialement accepté pour une femme. Ces entreprises de femmes sont peu nombreuses mais aussi fragiles. Les indépendantes sont essentiellement présentes dans les secteurs du service à la personne et aux entreprises qui sont des secteurs moins rémunérateurs que l’industrie ou la technologie par exemple. Les femmes investissent des montants moins importants que les hommes, parfois même insuffisants. Enfin, leur objectif de croissance est moins important que celui de leurs homologues masculins.

Ainsi, un salon qui veut donner envie d’entreprendre doit être particulièrement attentif aux femmes.. Or, une des conférences phares de la journée d’hier s’intitulait: ‘Soyez le héros de votre projet’, une table ronde constituée d’une dizaine d’experts et de chefs d’entreprise. Objectif de la conférence: « vous donner l’envie, l’énergie et les conseils pour développer votre entreprise ou projet avec succès ! » Parfait mais où sont les ‘héroïnes’? Difficile en effet de s’identifier à un panel constitué uniquement d’hommes qui parlent d’ailleurs uniquement d’autres hommes. Oserais-je demander si le soutien de leurs compagnes (ou compagnons) a été un des facteurs de succès de leur réussite ? Malheureusement, il n’y avait pas de temps prévu pour des questions. Je me suis tout de même permise d’interpeller la personne qui a organisé cette conférence pour comprendre ce choix de table ronde. J’espère beaucoup qu’à l’avenir nous aurons des moments de rencontre plus équilibrés, que ce soit en termes d’hommes-femmes, de diversité culturelle ou de secteur d’activité. Soyons créatifs dans notre manière de représenter l’entrepreneuriat.. J’ai remarqué la présence sur le salon de nombreuses femmes, parfois accompagnées même de leurs enfants ! Ainsi, de l’envie il y en a aussi de notre côté !