Faut-il s’interdire d’interdire à nos enfants ?

imagesCAEMPQVGLa psychologie a défini différents besoins ‘de base’ auxquels en tant que parents nous devons être attentifs afin que nos enfants se construisent et deviennent des adultes épanouis. Un de ces besoins primordiaux est celui de se sentir en sécurité. Comment procéder en tant que parents ? Selon les uns, il est indispensable de poser rapidement de fortes limites en interdisant, voire même en frustrant parfois volontairement les enfants pour construire cette sécurité et pour qu’ils puissent vivre en société. Selon d’autres, il est contre-productif d’élever ses enfants avec des interdits car ceux-ci inhibent l’autonomie et l’esprit critique des enfants.

Selon Isabelle Filliozat, psychothérapeute, interdire ne donne pas un sentiment de sécurité aux enfants. Je reprends ici les propos d’Isabelle Filliozat disponibles sur le blog www.superparents.com (le lien vers ce blog est repris sous le titre Parents heureux) :

« Ce qui donne le sentiment de sécurité aux enfants, c’est l’attachement, l’attention du parent à ses besoins, le respect, etc… c’est aussi la liberté, les permissions et les consignes qui aident à savoir comment faire ceci ou cela en toute sécurité. Les seules limites qui donnent de la sécurité sont celles de l’enfant. Il se sent en sécurité si nous lui enseignons qu’il a des limites et qu’il a le droit de les faire respecter par ses frères et sœurs, par les gens, et même par nous.

Plutôt que de « frustrer » l’enfant en lui imposant autoritairement des « interdits et des limites », aidons-le à s’intégrer au monde en lui donnant des « consignes », en énonçant des règles (fermes et claires) et en lui enseignant à les respecter. Les règles sont utiles. Les règles sécurisent, pas les interdits ! On joue à un jeu avec des règles qui organisent les relations entre les joueurs. On ne joue pas avec des interdits et des limites. C’est pareil dans la vie ! On a besoin de règles pour vivre ensemble.

Les limites et les interdits vont susciter l’envie de transgression, c’est pour cela qu’ils peuvent se montrer contre-productifs et parfois même dangereux. C’est vraiment l’expression « limites » qui ne me convient pas : ça met des limites, ça crée des limitations. Et je rencontre tant d’adultes limités dans leur expression, dans leur créativité, dans leurs capacités, dans leur vie parce qu’on leur a mis plus de limites qu’on ne leur a donné de permissions. Une limite enferme.

Du côté de l’enfant : il peut le vivre comme limité et déduire : «je n’ai pas droit, je ne peux pas, il m’est interdit de, etc. ». D’autant que la plupart du temps, occupés à mettre la limite, les parents ne songent pas à ajouter la permission. « Tu n’as pas le droit de sauter sur le canapé » est rarement assorti de « je vois que tu as besoin de sauter, viens, on va jouer à sauter à un endroit qui le permet ». Il est évident qu’en tant que parent nous avons à dire STOP à un certain nombre de comportements, mais doit on appeler ce stop « mettre une limite » ?

Dans le livre « Arrête d’embêter ton frère » , j’ai traduit le plus souvent possible « limite » par le mot frontière. Une frontière définit un territoire, je peux la voir comme une limite (je suis alors enfermée dans un territoire) ou comme une ligne entre deux espaces. Notre rôle de parent est d’accompagner nos enfants pour qu’ils aillent au delà de leurs limites. » En résumé: une structure, un cadre, des règles et des consignes, oui ! Des interdits: non !