Le forum JUMP: une journée intense !

Avril + Forum Jump 051Chères lectrices, j’ai eu le grand plaisir de participer hier au forum organisé par Jump à Bruxelles ! La ‘pink attitude’ était contagieuse ! Le thème de l’édition 2013 était ‘Women and Men are allies’. J’ai démarré la journée par un workshop animé par Liesbeth Dillen, responsable ‘gender strategies’ pendant de nombreuses années, sur le thème: Looking for Mr/Mrs Perfect? Première question: ‘who is your role model?’ Autour de moi, j’entends qu’il est difficile d’avoir un modèle (qu’il soit féminin ou non) et que la figure maternelle reste un modèle ou .. un contre-modèle.. Le workshop nous a permis de construire ensemble une ébauche de modèle pour le futur, valable pour les femmes et les hommes ! Il est apparu que nous sommes tous et toutes conscients que la perfection n’est pas de ce monde, que nous cherchons l’épanouissement personnel et professionnel, que la flexibilité est un critère indispensable pour faire face à tous les challenges de la vie quotidienne. A nous d’incarner maintenant ce nouveau modèle..

Suite au workshop, nous étions invitées à écouter différentes interventions, dont celle de Michaël Kimmel, auteur du ‘Guy’s Guide to Feminism’. Voilà un homme qui défend avec chaleur et humour la cause des femmes ! Son crédo: « les privilèges sont invisibles pour ceux qui les ont ». Notre société, basée sur le patriarcat, conforte la position dominante des hommes, que ceux-ci en soient conscients ou non. Mais ce qui veut pour un homme vis-à-vis d’une femme, vaut aussi dans le cadre de la diversité culturelle: être une femme blanche aux Etats-Unis procure à celle-ci automatiquement des privilèges bien plus difficiles à acquérir pour une femme noire. Michaël Kimmel nous explique, à travers différentes études, qu’hommes et femmes ont les mêmes aspirations – avoir une relation amoureuse et un job épanouissants – la différence réside dans le fait que le regard des hommes sur ceux qui affichent leur volonté de ‘tout avoir’ pèse encore trop lourdement négativement et freine donc les évolutions égalitaires.. Enfin, Michaël Kimmel fait référence aux travaux d’un psychologue, John Gottman, qui indiquent que lorsqu’un homme participe à part égale aux charges du ménage, celui-ci dispose non seulement d’une meilleure santé mais aussi (et surtout!) « he will have more sex! because housework makes her horny! » Voilà un argument de poids n’est-ce pas ? 🙂

Aniela Unguresan, qui a fondé The Gender Equality Project en 2009, nous a expliqué que le déséquilibre actuel au niveau du travail rémunéré – qui est aujourd’hui encore principalement en faveur des hommes – peut être résolu de différentes manières: en intégrant davantage les femmes dans le travail rémunéré, les hommes dans le travail non rémunéré et vice-versa: il n’y a pas de raison que les femmes soient celles qui investissent le plus de temps dans le soin aux autres. On parle de ‘working mothers’, parlons désormais aussi de ‘working fathers’ !

Sandrine Meyfret, sociologue, a rédigé un livre ‘Couples à double carrière: une figure qui réinvente les frontières entre vie privée et vie professionnelle’, ou comment combiner l’ambition professionnelle au sein d’un couple. Voilà une évolution qui nous touche toutes et tous de plus en plus. Il s’agit de concevoir un nouveau rapport au temps, de réviser régulièrement le rythme de croisière adopté, d’accepter que, homme ou femme, on ne peut pas forcément avoir tout en même temps. Le couple devient aussi un laboratoire du ré-équilibrage de la délégation !

Un homme de 42 ans, partenaire dans une société de consultance internationale, a expliqué que sa carrière n’a pas été un long fleuve tranquille. Divorcé, en charge de ses enfants à une époque où sa femme a des problèmes de santé, il a révisé son rythme de travail et sa manière de concilier vie professionnelle et privée. Il en ressort déterminé à ne plus mettre en péril sa relation amoureuse et conscient que sa carrière peut connaître des rythmes différents selon les époques de la vie.

Une session intitulée ‘Women are heroes’ nous a permis d’écouter Jeanne Devos, la fondatrice et coordinatrice (à 78 ans!) du National Domestic Workers Movement en Inde. Je ne pensais pas que j’allais pleurer d’émotion à cette journée.. J’ai été bouleversée par son témoignage et son appel à l’action collective. Cette femme a organisé un mouvement de libération pour des enfants et des femmes qui travaillent comme domestiques, dans l’irrespect parfois le plus total de leurs droits fondamentaux. Son  action consiste à briser l’isolement de ces employées, de leur offrir une éducation. Ces petites filles et femmes ont-elles encore des rêves ? Oui ! Et c’est sur cette base-là que le mouvement s’inspire. Que veut être un enfant plus tard ? Devenir une star du football, du karaté, chanteuse, danseuse, alors on crée des ‘Star academies’ et on leur permet petit à petit d’intéger une école traditionnelle. Qu’un enfant ait été abusé sexuellement, qu’il ait subi des violences, des humiliations, il n’en reste pas moins un enfant qui a le droit de jouer et de pleurer aussi.. Jeanne Devos nous demande d’être vigileantes dans notre vie quotidienne. Ici, en Belgique aussi, ces situations d’esclavagisme moderne existent. Elle croit à notre capacité d’agir localement. Elle nous demande de prendre le relais, soyons solidaires.. et indignons-nous !

Béa Ercolini, journaliste et Directrice de Elle Belgique, a lancé la campagne ‘Touche pas à ma pote’ pour sensibiliser et faire cesser les injures et le harcèlment que subissent trop souvent les femmes dans la rue. Il s’agit de combattre le sexisme avec la même force que le racisme. (www.elle.be/touchepasamapote)

Ce serait bien trop long de décrire l’ensemble de cette journée, qui fut passionnante et intense ! Je veux juste, en conclusion, témoigner du fait que j’ai rencontré hier des femmes avec des profils très divers, des parcours très riches et de belles personnalités ! Il y avait des hommes aussi ! Ils ont du ressentir ce que nous ressentons si souvent: être en minorité.. sans hostilité aucune, bien au contraire, ils ont été fort applaudis lors de leurs interventions ! La diversité entre nous, entre hommes, entre cultures, est notre richesse ! Je garderai en particulier le souvenir d’une conversation avec une jeune femme originaire d’Afrique qui m’a dit qu’elle avait beaucoup à apprendre de nous, les femmes occidentales, et à qui j’ai répondu que j’étais si impressionnée du courage et de la détermination des femmes africaines que je connais et que nous avions tant à apprendre d’elles !

Au plaisir de vous lire pour connaître votre meilleur souvenir de la journée d’hier pour celles qui y étaient et pour relayer encore beaucoup d’autres thèmes et héroïnes !