« La gestion de soi »

imagesCADQBS5O« La gestion de soi », le livre de Jacques Van Rillaer, psychologue comportementaliste de l’Université Catholique de Louvain en Belgique, débute par un historique des précurseurs des techniques de changement personnel. Depuis l’Antiquité, les stoïciens comme Epictète ou Marc Aurèle enseignaient déjà des techniques de changement personnel fondées sur l’analyse et la modification de ses propres pensées. De la philosophie au développement personnel contemporain, différents courants de pensée ont développé des méthodes de changement.

Selon Jacques Van Rillaer, il est possible d’envisager désormais le changement de soi à partir de modèles et expériences tirés de la psychologie scientifique, notamment les acquis des psychologies comportementales et cognitives. L’ouvrage analyse nos comportements, (nos actions, nos relations à autrui) en plusieurs composantes : influences (ou stimulis), cognitions (représentation et attentes), émotions (positives ou négatives associées à toute activité), actions (gestes et routines) ou encore états corporels. L’auteur en déduit une « équation comportementale » qui résume les différentes facettes d’une action comme se mettre en colère, allumer une cigarette.

Ainsi, on peut tenter de dompter ses comportements impulsifs (les peurs, la colère) avec toute une palette de stratégies : en changeant ses représentations de la situation (visualisation mentale), en se conditionnant soi-même avec des messages positifs ou négatifs, en agissant sur le contexte (en évitant certains lieux), en s’accordant des récompenses pour tout changement mineur, ou en apprenant à se connaître et à repérer ses schémas mentaux implicites, en agissant sur son état corporel (par des exercices de respiration)…

Si par exemple nous emmenons nos soucis la nuit et qu’il en résulte que nous ne dormons jamais d’un sommeil réparateur, comment changer cette habitude ?

Le changement reste un exercice difficile, semé d’embûches, d’échecs partiels. Il est toujours à recommencer. Nos actions sont guidées par des forces contraires et des influences qu’on tente plus ou moins bien de dompter, canaliser et donc de « gérer » au mieux.

La gestion de soi nous transforme en pilotes du quotidien. Sans elle, nous ne ferions que réagir à nos émotions et nos impulsions, aux pressions et aux modifications de l’environnement. « Les psychologues oublient pourtant que l’existence humaine est ancrée dans le biologique. A tout moment, ce que nous percevons, pensons ou faisons dépend de l’état de notre corps. » L’ignorer, c’est risquer de créer ou renforcer certains troubles. Ainsi, la plupart des phobies intenses (non expliquées par un réel traumatisme) sont généralement dues à la peur du jugement d’autrui et de l’effervescence émotionnelle qu’elles provoquent.

Changer des comportements bien ancrés, ou simplement des habitudes gênantes (s’irriter facilement, ruminer des griefs, …) exige la répétition d’efforts soutenus, la tolérance à des états de tension et le développement d’activités parallèles gratifiantes. Il faut prendre conscience des avantages et des inconvénients, désirer vraiment le changement, apprendre à observer et à analyser méthodiquement ses pensées, ses émotions, ses actions, avec détachement et esprit critique – « un peu comme si on écoutait une émission de radio ». Cela rejoint ce qui se passe quand on tente de vivre ‘en pleine conscience’ (mindfulness) et quand on pratique régulièrement la méditation : on devient observateur de soi-même.

Etre consciente de ce qui se passe en nous, regarder à l’intérieur de soi avec bienveillance, sans forcément chercher à tout comprendre (d’ailleurs tant de choses restent dans notre inconscient) car trop d’analyse paralyse. Des spécialistes y voient d’ailleurs un des facteurs de la plus grande fréquence des dépressions chez les femmes : quand celles-ci vont mal, elles ont tendance à sonder sans répit leur mal-être – contrairement aux hommes, qui cherchent plutôt à se donner du bon temps dans le sport, la musique ou… l’alcool !

« Personne n’a appris à marcher sans tomber », conclut l’auteur. « L’important, c’est l’engagement, en dépit des (re)chutes. Tant qu’on se relève, le voyage continue dans la direction décidée… »

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