Qui est George Sand ?

J’ai eu un grand plaisir à lire les ouvrages de George Sand et tout autant de plaisir à connaître sa vie, à découvrir l’esprit libre et la femme émancipée qu’elle a été. Dans la préface d’Indiana (en 1842), elle indique que « le problème de la femme dans l’état social actuel est le révélateur d’un malaise plus général. À travers la femme opprimée, c’est la société tout entière qui est soumise à un examen critique et dénoncée pour l’ordre vicié dont elle est l’expression : la cause que je défendais est-elle donc si petite? C’est celle de la moitié du genre humain, c’est celle du genre humain tout entier; car le malheur de la femme entraîne celui de l’homme, comme celui de l’esclave entraîne celui du maître, et j’ai cherché à le montrer dans Indiana. »

Que ressent George Sand quand elle écrit Indiana: « Les femmes sont donc condamnées au malheur, à l’insatisfaction, à l’abandon, et ce n’est pas la faute de la goujaterie et de la muflerie des hommes : ces attitudes typiquement masculines sont, entre autres, le résultat de l’éducation et de l’état social. Libre ou mariée, la femme est victime en amour et la société entérine ce scandale et en vit. »

Qui est cette femme qui a mis en perspective la question féminine à une époque où la liberté d’écrire pour une femme était encore si limitée ? C’est une vraie femme d’aujourd’hui ! Dans sa vie comme dans son œuvre, George Sand fut éprise de liberté dans tous les domaines. Elle fut même écologiste avant l’heure en luttant pour la protection des arbres et en prédisant que  » la planète périra par déforestation « …

Née le 5 juillet 1804 à Paris, elle s’appelle Aurore Dupin. Elle sera connue sous le pseudonyme de George Sand. Pourquoi ce choix ? Parce que le prénom George est mixte en français et lui permet d’écrire sans être jugée. Il n’est d’ailleurs pas exceptionnel, au 19ème siècle, qu’une femme écrivain prenne un pseudonyme masculin pour écrire, les auteurs femmes étant méprisées…

Très tôt, elle noircit cahier sur cahier: au couvent des Augustines anglaises où elle est pensionnaire, on la surnomme  » miss Calepin « . Comme toutes les jeunes filles de son époque, elle pense que sa vocation naturelle est dans le mariage et les soins d’une famille; elle épouse donc Casimir Dudevant, dont elle a deux enfants, mais se sépare de lui au bout de quelques années pour mener une vie indépendante. 

Ardente féministe, elle revendique pour les femmes le droit au divorce et à l’égalité civile que le code Napoléon leur refuse. Ses premiers romans, Indiana et Lélia, connaissent un grand succès, elle devient célèbre, mais provoque l’irritation de certains de ses contemporains par son comportement : elle s’habille en homme, fume la pipe, monte à cheval comme un Cosaque… Elle s’enthousiasme pour la révolution de 1848 et tente d’instaurer  » La République au village « . Elle lance également un journal, La Cause du peuple. Le grand public la connait généralement grâce à La petite Fadette, La Mare au diable (écrit en quatre jours !). Elle a aussi écrit des contes, des légendes, des romans au réalisme social très marqué, tel La Ville noire, et de nombreuses pièces de théâtre, ainsi que 24 volumes de correspondance !

Son cœur s’est enflammé pour Musset puis pour Chopin et l’amitié tient une place au moins aussi essentielle dans sa vie. Balzac, Flaubert, Hugo, Dumas fils la considèrent comme leur égale ! Découvrons cette femme exceptionnelle encore et encore !