Nous, les femmes, aimons-nous nous surpasser?

Juin 2013 - Juillet 2013 243Je me suis souvent posé cette question.. Notamment dans le cadre d’activités sportives. J’ai envie de partager avec vous une expérience vécue hier. Je suis en ce moment en vacances en France, près de Montpellier. Mon compagnon m’a proposé une ‘balade’ en vélo. Je suis toujours assez méfiante quand il me fait ce genre de proposition car il est plutôt du genre ‘grand sportif’.. 🙂 Ainsi, je pars déjà avec une certaine appréhension, d’autant plus que je suis originaire du ‘plat pays’ comme le décrivait si joliment Jacques Brel !

Tout commence bien: je réalise mon premier col et je m’étonne d’y arriver sans trop de difficultés ! Me voilà en confiance grandissante. Les cols se succèdent, mon rythme reste plutôt constant. Mon compagnon m’encourage de plus en plus, vérifie notre avancement sur la carte de la région. Tout va bien ! Après une heure, tout de même, je l’interroge sur la suite du programme. Grand embarras de sa part, il ne s’attendait pas à une telle altitude croissante. Je le prends comme un défi personnel.. Mon rythme diminue, mes sourires béats aussi mais toutefois, je reste digne ! 🙂 Le temps passe, les montées se succèdent.. Le comble de la difficulté pour moi est que la route devient de plus en plus encombrée de pierres et que je crains de perdre l’équilibre, de plus en plus précaire.. Arrive le moment de ‘bascule’ .. Je perds l’envie de me ‘surpasser’, ce que mon compagnon m’exhorte à faire ! (au fait, j’ai perdu le plaisir depuis longtemps..) Je commence à m’énerver, d’abord intérieurement, puis à haute voix ! Enfin, j’exprime à quel point j’en ai ras-le-bol de la route mauvaise, des cailloux partout, du soleil qui chauffe de plus en plus, des plantes qui me griffent les jambes et le summum est atteint lorsqu’après avoir traversé une rivière, tant bien que mal, je me retrouve à pousser mon vélo dans un chemin (celui de Saint-Jacques de Compostelle, si réputé..) étroit et rempli de ronces… Là, je craque carrément, crise de nerfs que je ne contrôle pas, je crie, je pleure même, je me sens à bout ! Et je me demande : ‘quel est le sens de tenter de se surpasser?’, voilà encore une idée d’hommes insensée !

Et pourtant… passée la colère, je revois les différentes scènes de la matinée, fatiguée certes mais surtout très sereine, et je me dis: j’ai du lâcher quelque chose, via un effort physique. Sans mon compagnon qui m’y a encouragée, jamais je n’aurais entrepris ce type d’activité. Je dois bien admettre que j’ai aimé, ‘après coup’, m’être surpassée ! Cela me donne même envie de tenter d’autres cols dans les jours à venir, car j’ai pris confiance en moi et je regarde le Tour de France avec un oeil moins étranger désormais ! ‘Les gars, nous aussi, on peut se surpasser !’ N’est-ce pas ?