Les femmes journalistes, des journalistes comme les autres ?

françoise giroudDébut juin de cette année, un événement a retenu mon attention: la grève des signatures des journalistes femmes au journal Les Echos. Les signatures sous certains articles avaient disparu, seuls restaient les noms des hommes. Les journalistes femmes s’expriment: « Chaque jour, aux Echos, nous sommes aussi nombreuses que les hommes à faire ce journal. Mais il n’y a de femme ni à la rédaction en chef ni à la direction de la rédaction du quotidien. Les femmes ont peu à peu disparu de cette équipe. Nous espérions beaucoup de la nouvelle direction de la rédaction mais rien n’a changé ». Est-ce un cas isolé? Qu’en est-il de la position et des jugements de valeur sur les femmes qui pratiquent le métier du journalisme? En France, en tant que journaliste, mieux vaut aujourd’hui être un homme… En 2012, les femmes restent encore et toujours sur-représentées dans les statuts les plus précaires et gagnent en moyenne toujours moins que les hommes.

Les femmes journalistes appartiennent rarement à des services politique ou économique, traditionnellement masculins. Elle sont par contre sur représentées dans la santé, l’environnement et l’éducation. En France, les femmes journalistes ne sont que 28 % à traiter l’actualité alors que la moyenne internationale est de 41 %.

Rédacteurs en chef ? Seulement 32,5% de femmes. Rédacteurs en chef adjoint ? 36,6 % de femmes. Chefs de service ? 37,2 % de femmes Directeurs de la rédaction ? 27,1 % de femmes. Au sein des boîtes de production et agences de presse audiovisuelles, les femmes accédant au poste de rédacteur en chef ne sont que 20% ! A la radio, elles dépassent de peu les 24%, soit à peine plus qu’à la télévision (22,3%). Notons qu’en Belgique, Corinne Boulangier est depuis mars 2013 au poste de directeur de la chaîne de radio La Première.

Ce ne sont pourtant pas les femmes journalistes qui manquent, et cela ne date pas d’hier d’ailleurs ! Quand on pense à une femme journaliste, on pense à .. Françoise Giroud qui fonda l’Express, participa au lancement de Elle, inventa de nouvelles formules, forma des générations de journalistes… Mais Françoise Giroud fut longtemps bien solitaire dans l’univers très masculin des medias français. Aujourd’hui, il y a Martine Laroche-Joubert, Manon Loizeau ou Vanessa Descoureaux qui couvrent les révolutions ou les guerres à l’autre bout du monde. Les spécialistes du monde politique telles que Catherine Nay, Michèle Cotta, Arlette Chabot.

Les femmes journalistes qui parcourent le monde sont parfois en grand danger comme en témoigne ce qui s’est passé récemment en Egypte: une journaliste française, Caroline Sinz, a été victime d’agressions sexuelles. Reporters sans frontières indique régulièrement qu’il est plus dangereux pour une femme que pour un homme de couvrir certains événements dans certaines régions du monde.

L’égalité hommes-femmes dans une société passe aussi par l’égalité des points de vue et de la représentation dans les médias…