Le burn-out féminin: stop au perfectionnisme !

imagesCAOQATK9L’enjeu de l’ouvrage de Pascal Chabot, « Global Burn-Out » est de comprendre ce phénomène. Pour ce philosophe, le burn-out dépasse le cadre de la pathologie de l’individu, il est pathologie de la relation de l’individu à la société. Pascal Chabot apporte un regard philosophique sur le burn-out, un angle nouveau : il n’est pas simplement la conséquence d’une fragilité individuelle, c’est aussi et surtout le miroir d’une civilisation, d’une société.

Un chapitre de cet ouvrage est consacré au burn-out féminin. Pour Pascal Chabot, « le burn-out est une pathologie du ‘trop’: trop d’investissement, trop de désir de perfection, trop de contraintes, trop de course par rapport au temps. »

«Les singularités féminines et le machisme inhérent à certains environnement de travail amplifient la problématique du burn-out chez les femmes. Prises dans une recherche d’être une femme et active, elles désirent être elles-mêmes exprimant toutes les valeurs de la féminité, et s’épuisent à répondre aux standards du travail strictement masculins. Ainsi, dans ce choix imposé par la société, seule la perfection s’offre en porte de sortie. De plus, la compassion serait naturelle chez les femmes renvoyant l’épuisement émotionnel à une problématique individuelle et le plus fréquemment « psychologisée ».

Quel est le profil des femmes subissant un burn-out ? Davor Komplita, psychiatre et spécialiste du burn-out: « par exemple la femme seule avec des enfants à charge, peu qualifiée, dans un  poste précaire aux horaires intenables et avec une importante pression de productivité, de surcroît où l’on sait que l’on sera remplaçable rapidement. Elle s’épuise parce qu’elle n’a pas tellement d’autres choix. On sait aussi qu’elle sera plus facilement victime de harcèlements, sexuels ou autres, étant donné qu’elle se trouve en position de faiblesse dans le rapport organisationnel. Dans les postes plus élevés, il s’agira surtout de personnes ayant un sens de l’engagement, qui ont une éthique professionnelle exigeante. Lorsqu’elles n’arrivent pas à faire face, le réflexe naturel est alors d’accélérer la cadence, de faire des heures ‘sup’ le soir ou le week-end, et on est là dans le burn out dû à une surcharge de travail. Chez elles, c’est surtout la peur de perdre la face et d’être en échec. »

Peut-on rebondir facilement après un burn-out ? Les spécialistes en la matière sont plutôt rassurants, même si le processus peut être très lent, la fin d’une période de burn-out est souvent l’occasion d’un second départ dans la vie, avec une remise à plat de ses buts, de ses valeurs. C’est parfois une deuxième jeunesse parce que l’on renoue avec quelque chose de plus authentique.