Les romans de Jacqueline Harpman

jacqueline harpmanJacqueline Harpman, écrivaine et psychanalyste belge qui est décédée en mai 2012 à l’âge de 82 ans, a créé un univers bien à elle. Ses livres sont non seulement originaux mais ouvrent aussi notre horizon, grâce à des situations hors normes. Sa devise était d’ailleurs:  « Je n’ai jamais eu la prétention d’écrire des histoires moralement correctes ».

Après un début d’études en médecine, elle se voue à l’écriture. « J’ai commencé la médecine avec l’intention de faire la psychiatrie, afin de devenir ensuite psychanalyste. Mais j’ai dû interrompre mes études pour cause de tuberculose. Quand je suis revenue de convalescence, ma situation de famille ne me convenait plus. Changer de vie pour une fille, à l’époque, c’était se marier. Je me suis donc mariée une première fois. Un mariage dont je me suis arrachée après 8 ans. Mais j’avais arrêté la médecine. Je suis revenue à mes premières amours quand on a créé une école de psychologie. Je m’y suis inscrite à 37 ans et j’ai poursuivi mon chemin. »

Son premier roman, « Brève Arcadie » en 1959, est qualifié de nouvelle « Princesse de Clèves » par la critique. Elle a cessé d’écrire pendant 20 ans, en quête de la « réponse exacte », la psychanalyse. « La Mémoire trouble » inaugure en 1985 une deuxième période littéraire. Ambiguïté, subtilité des sentiments, férocité vont de pair avec l’humour. « La Plage d’Ostende » est l’un de ses romans les plus célèbres, évoque férocement la relation entre une femme et un homme plus âgé. A 11 ans, la petite Emilienne a décidé de se lier à un homme de quinze ans son aîné, tout en affirmant qu’elle ne l’épouserait jamais et ne partagerait pas sa vie quotidienne. On trouve dans ce roman une des lignes de force de son œuvre : observer des êtres humains qui tentent de vivre loin des conventions et des règles communes.

Son roman « Moi qui n’ai pas connu les hommes », est une fable insolite sur 40 femmes enfermées dans une cave au lendemain d’une catastrophe non nommée.

Dans « Orlanda », Aline Berger attend dans un café gare du Nord en lisant « Orlando » de Virginia Woolf. En face, un beau garçon blond. Elle choisit d’accomplir l’impossible: sa part masculine abandonne son corps de femme pour celui du garçon.

« La fille démantelée » est un roman autobiographique dans lequel Jacqueline Harpman règle ses comptes avec sa mère.. comment une fille peut-elle rester insensible à la disparition de sa mère ? Quand la mère fut un monstre d’égoïsme. Un personnage haïssable dont les mots ont souvent blessé sa fille en profondeur…

« Elle parlait aussi bien qu’elle écrivait », se souvient la journaliste Joëlle Smets, qui a compilé des heures d’entretiens avec l’écrivaine. « Jacqueline Harpman a été une femme très courageuse, reconnaît Joëlle Smets. Déprimée par son enfance, mais dotée d’une grande force de résilience. Elle s’est véritablement construite grâce à la littérature et est finalement devenue l’un des écrivains belges classiques les plus doués. »