La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines !

imagesCA6S5SX8Ni non plus celle de certains romans ou films… A l’heure du succès commercial des romans érotiques qui nous présentent la vision parfois si stéréotypée du désir et du plaisir féminins, des sexologues et psychanalystes révèlent une réalité souvent bien différente.

Personnellement, je trouve très étonnant l’engouement pour une littérature où la sexualité des femmes se résume trop souvent à la domination masculine, voire même à la violence pure et simple. La sexualité n’est-ce pas justement les rapports d’intimité dans lesquels la relation dominant-dominé perd son sens, tant il s’agit d’un continuel renversement des rôles et des situations qui permettent de vivre non plus en ‘vertical’ mais en ‘horizontal’ ! donc sur un plan d’égalité puisque chaque mouvement de l’un peut entraîner le mouvement de l’autre, sans besoin de hiérarchie !!

Jamais on n’a autant ressenti le besoin d’habiter et de se réapproprier son corps, la sexualité devenant une magnifique manière de renouer avec tous nos sens ! Or, à en croire certains (plus que certaines), nous rêvons, consciemment ou non, d’être soumises aux hommes, ce rapport de soumission étant le comble de la jouissance féminine.. Tout d’abord, ne mélangeons pas les fantasmes et la vie sexuelle réelle ! Certains désirs « hors normes » restent souvent de l’ordre de l’imaginaire et peuvent en effet nourrir une relation mais entre le fantasme et la réalité il y a souvent un monde ! monde qui n’est pas forcément à explorer à tout prix.. De plus, faire croire que toutes les pratiques sexuelles se sont banalisées et que ne pas y adhérer, c’est passer à côté d’une sexualité épanouissante, c’est faire le chemin à l’envers..

Dès les années 70, l’écrivaine américaine Susan Sontag déclarait : « Faire l’amour, en soi, ne libère pas les femmes. La question, c’est de savoir de quelle sexualité les femmes doivent se libérer pour la vivre bien. » 

« S’interroger sur sa sexualité, c’est s’offrir la liberté d’être sereine et libre dans l’expression de ses pulsions. C’est investir ce corps de femme et son identité. Quoi qu’on fasse par la suite, la sexualité ne doit jamais devenir une prison. Elle s’appréhende, s’apprend d’abord au creux de soi. Elle se construit lentement dans l’exploration, l’écoute et la reconnaissance que l’on s’accorde. Ensuite, alors, peut-on partir à la recherche de l’autre et de son propre plaisir. »  dit aussi Catherine Blanc, auteure de l’ouvrage La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines.

Les injonctions à l’épanouissement sexuel finissent par produire l’effet inverse de celui souhaité.. blocages, insatisfactions, frustrations … chaque femme a heureusement sa propre vision des choses et chaque couple vit selon sa propre histoire.

Tout autant que les injonctions au bonheur qui veulent nous faire croire qu’il existe UNE voie pour y parvenir, les injonctions à UN type de sexualité nous menant droit à l’extase totale sont stupides ! Chaque personne est unique, chaque relation, chaque sexualité l’est aussi ! Vive notre imagination et non pas celle que l’on nous impose … !