Angela Davis, une parole forte

imagesCAG5JGYOMilitante, féministe, femme politique (deux fois candidate à la vice-présidence des États-Unis), auteure de plusieurs ouvrages célèbres, professeur de philosophie, Angela Davis est une femme hors du commun, reconnue pour sa contribution à la formation des droits civiques, au même titre que Malcolm X ou Martin Luther King. Une militante infatigable contre la discrimination raciale et sexiste.

Angela Yvonne est née en 1944 en Alabama. Jusqu’à l’âge de quatre ans, elle vit avec sa famille dans les logements sociaux, pour finalement un jour déménager dans un quartier où ne vivent que des blancs.  Des tensions raciales apparaissent quand d’autres familles noires viennent aussi s’y installer. En 1949, son quartier est le théâtre d’un premier attentat contre une maison construite par des noirs, quartier qui désormais sera connu sous le nom «Dynamite Hill». Le racisme et la violence deviennent alors rapidement le quotidien d’Angela Davis.

Après le lycée, elle intègre l’université de Brandeis dans le Massachusetts où il n’y a que trois noires, elle comprise ! Elle prolonge son cursus universitaire au Hamilton College. Durant ses voyages à Biarritz, à Paris, à Francfort -où elle assiste à diverses conférences-, elle réalise alors combien l’oppression raciste qui règne aux Etats-Unis est forte. En 1965, elle quitte son pays pour faire des études de philosophie, à Francfort.

Après deux années passées en Allemagne, elle rentre aux Etats-Unis pour militer aux côtés des mouvements du «Black Power», qui luttent contre la ségrégation raciale. Puis, elle intègre l’organisation de la jeunesse marxiste-léniniste  Advance». En 1968, Angela Davis obtient son doctorat et devient enseignante à l’Université de San Diego, puis en 1969 à l’UCLA, mais elle est renvoyée de ces postes à cause de son activisme politique, notamment au sein du parti communiste de la «panthère noire» (Black Panther). Son investissement dans le «comité de soutien aux Frères de Soledad» lui vaut une inculpation pour complicité de prise d’otages. Le FBI la retrouve après une cavale de deux semaines. Elle écope -avant son jugement- d’un emprisonnement de seize mois à New York, en Californie, à San Marino puis à San José. Son procès du 5 janvier 1971 débouche sur une condamnation à mort. Elle est cependant acquittée et sort de prison en 1972, car des manifestations en sa faveur se produisent partout dans le monde.

Les livres qu’Angela Davis a écrits traitent de la paix au Vietnam, de l’antiracisme, du Black Feminism, des études afro-américaines, de la théorie critique, du marxisme ou encore du système carcéral. Ces ouvrages sont lus dans le monde entier, tout comme son autobiographie. Les discours d’Angela Davis lui ont valu le titre d’intellectuelle radicale la plus connue de l’époque. Elle enseigne aujourd’hui l’histoire de la conscience à l’Université de Californie, se bat contre l’industrie carcérale et la peine de mort.

Son rêve aujourd’hui ? « J’aimerais qu’on prenne conscience que la culture et l’art doivent avoir aujourd’hui une vraie place dans nos vies. Seul l’artiste rêve d’un monde qui n’existe pas encore et nous donne l’envie d’y vivre. »