Aung San Suu Kyi, l’opposition à la dictature

aungAung San Suu Kyi est née en 1945, est la fille du général Aung San qui a négocié l’indépendance de la Birmanie. Alors qu’elle a deux ans, quelques mois à peine après l’indépendance, son père est assassiné. Engagée en politique, sa mère est nommée en 1960 ambassadrice de la Birmanie en Inde. Suu Kyi fait ses études à l’École anglaise catholique de Birmanie puis rejoint sa mère en Inde pour poursuivre ses études secondaires à New Delhi en 1964. Elle part ensuite suivre un cursus de philosophie, politique et économie  à Oxford jusqu’en 1967 ;  elle obtient un doctorat à la School of Oriental and African Studies de Londres. En 1967, elle part pour New York et devient secrétaire-assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations unies.

En 1972, Suu Kyi épouse Michael Aris, un spécialiste de la culture du Bouthan, du Tibet et de l’Himalaya. Ils auront deux enfants : Alexander en 1973 et Kim en 1977. Elle vit alors entre le Royaume-Uni et le Bouthan où vit et travaille son mari. En 1988, Suu Kyi retourne en Birmanie pour prendre soin de sa mère. Cette année-là, des manifestations éclatent dans le pays et sont violemment réprimées par l’armée jusqu’à ce qu’une junte militaire prenne le contrôle du pays en septembre. Démocrate et pacifiste, Suu Kyi s’investit en politique et participe à la fondation de la Ligue Nationale pour la Démocratie dont elle devient la première secrétaire générale.

Le 20 juillet 1989, Suu Kyi est arrêtée. Le gouvernement lui propose la liberté en échange de son départ du pays, mais elle refuse et elle est détenue avant d’être mise en liberté surveillée. En 1990, les élections générales sont remportées par la Ligue Nationale pour la Démocratie mais la junte militaire annule le résultats des élections. L’année suivante, Suu Kyi reçoit le Prix Nobel et la paix et utilise les fonds reçus pour travailler à un système de santé et d’éducation en Birmanie.

En 1995, Suu Kyi est libérée de sa détention surveillée. Sa famille est au Royaume-Uni mais elle ne peut leur rendre visite, sous peine de ne plus pouvoir retourner en Birmanie. En 1997, son mari Michael est atteint d’un cancer et elle ne le reverra pas avant sa mort en 1999. En septembre 2000, elle est à nouveau incarcérée pour deux ans.

Le 30 mai 2003, le gouvernement dictatorial paie un groupe paramilitaire pour lui tendre une embuscade dans un village de la Région de Sagaing. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés ; Suu Kyi parvient à s’enfuir mais elle est arrêtée peu de temps après et à nouveau incarcérée, transférée en maison d’arrêt puis assignée à résidence. En juin 2006, elle est hospitalisée. Mise en maison d’arrêt, elle est privée de soins et de tout moyen de communication avec l’extérieur, ce qui provoque des manifestations devant les ambassades birmanes et un appel d’une cinquantaine de dirigeants du monde entier. Suu Kyi se retrouve à nouveau assignée à résidence, ces assignations étant arbitrairement reconduites dès qu’elles arrivent à expiration.

En 2008, alors qu’elle a 63 ans, son état de santé devient inquiétant. Assignée à résidence depuis 7 ans, elle refuse la nourriture qui lui est apportée par la junte militaire. En 2009, elle est accusée d’activité subversive quelques jours avant sa libération et de nouveau arrêtée et condamnée à dix-huit mois de détention. En 2010, son parti boycotte les élections législatives, les premières depuis celles de 1990.

Le 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi est enfin libérée après de longues années de détention et d’assignation à résidence. En 2012, Suu Kyi se présente aux élections législatives partielles et, le 1er avril 2012, elle remporte haut la main son premier mandat officiel de députée, mais son parti reste très minoritaire. Le 9 juillet 2012, elle siège pour la première fois en tant que députée à la chambre basse du parlement.