Comment gérer le déficit d’attention et l’hyperactivité de nos enfants ?

imagesCATUZ2EMTrouble du Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, appelé TDA/H, voilà un diagnostic de plus en plus courant chez les enfants. Les symptômes? L’enfant se roule à terre, hurle, chaque contrainte, même la plus petite, la plus banale qui soit, le met hors de lui. L’enfant ne tient pas en place deux secondes, n’écoute rien ni personne, finit par exaspérer tout le monde. L’enfant est incapable de concentration, se met très vite en colère, balance par terre son assiette, dévaste sa chambre, devient invivable… D’où viennent de tels comportement? Et surtout comment y faire face et les gérer? Je vous livre ci-dessous un résumé d’explications scientifiques, délivrées par des professionnels de la santé, des neuro-pédiatres qui peuvent nous aider à comprendre et à réagir.

Qu’est-ce que le trouble déficitaire de l’attention? Il s’agit d’un trouble neurologique où l’enfant ne peut se concentrer de manière prolongée. Il peut être associé ou non à des signes d’agitation et d’impulsivité. Ce problème survient précocement et est durable dans le temps. Le TDA/H est un trouble spécifique du développement cérébral. Chez un enfant porteur d’une surdité partielle, de traits autistiques ou d’un trouble spécifique de la parole, l’agitation motrice est parfois le signe le plus à l’avant-plan mais son origine est différente de celle associée au TDA/H.

Ce problème est-il fréquent chez les enfants? On considère à l’heure actuelle que 4 à 10 % des enfants souffrent de TDA/H, avec une prédominance chez les garçons. Des études récentes ont prouvé que le profil de type TDA/H pouvait également persister à l’âge adulte, mais d’une manière générale il tend à diminuer avec le temps.

D’où provient ce type de trouble? Il n’y a pas de certitude absolue quant à l’origine exacte du trouble. Le modèle le plus accepté est celui d’anomalies fonctionnelles au sein des régions antérieures du cerveau (cortex frontal et préfrontal) ainsi que dans les circuits qui mettent en relation ces mêmes régions avec le restant du cerveau (structures sous-corticales). Les régions antérieures du cerveau interviennent surtout dans le contrôle de soi, au contraire d’autres régions, plus impliquées par exemple dans la motricité.

Comment réagir? Le message selon lequel un enfant turbulent est nécessairement un enfant hyperactif, n’est pas exact. Il est tout d’abord important de rappeler que chaque personne a sa propre conception de ce qu’est l’agitation, et a donc de ce fait une tolérance différente face à un comportement dit « turbulent ». Ceci explique que si l’on compare deux enfants « qui bougent beaucoup » présents dans deux classes différentes, ce n’est pas toujours celui qui bouge le plus qui sera référé en premier chez le neuropédiatre, mais peut-être celui qui a tendance à énerver le plus ses enseignants. D’autre part, il est important de rappeler que l’agitation n’est pas toujours liée à un problème de type TDA/H; elle se rencontre  plus fréquemment chez des enfants ayant vécu des traumatismes affectifs ou ayant eu peu de limites dans le jeune âge et est à ce moment de nature purement comportementale. C’est le cas par exemple des « enfants-rois ».  Il sera donc important dans ce cas précis d’identifier d’éventuels éléments déclencheurs ou aggravants pour dans un second temps y remédier par une approche relationnelle.

Quel type de prise en charge existe-t-il pour les enfants touchés par un TDA? A l’heure actuelle deux types de prises en charge existent et peuvent être complémentaires.

  • la revalidation neuropsychologique: elle consiste en une approche cognitivo-comportementale où, par des exercices de stimulations spécifiques, l’enfant va d’une part apprendre à utiliser des aptitudes cognitives différentes pour contourner ses difficultés; il va d’autre part développer les fonctions où persistent des lacunes par de l’entraînement. Ce traitement est à visée curative.
  • l’approche médicamenteuse (via l’utilisation de molécules psychostimulantes telles que le méthylphenidate ou l’atomoxétine, qui sont deux types de molécules) : les médicaments interagissent au niveau de la régulation hormonale en palliant au déficit. La méthylphenidate, par exemple, ralentit la destruction de dopamine; celle-ci agit donc plus longtemps et stimule de manière plus efficace les cellules responsables du contrôle de l’attention.

Le traitement médicamenteux a des effets secondaires non négligeables… Baisse de l’appétit, troubles cardiaques, dépendance… Car il s’agit d’une substance addictive proche des amphétamines et classée parmi les stupéfiants, appelée de ce fait la « kiddy coke« …

A partir de quand le mal-être d’un enfant devient-il une maladie mentale nécessitant un médicament, une « muselière » chimique ? Allons-nous vers une génération d’enfants drogués? Non ! Il faut absolument chercher les causes de l’angoisse profonde manifestée par ces enfants, tenter d’affronter ces comportements et prendre des nouvelles habitudes.

Que faire ? Étant donné que l’enfant hyperactif a des problèmes d’attention, il lui faut des structures claires pour favoriser ses apprentissages. Par exemple, mieux vaut lui confier une seule tâche à la fois. Si la tâche – ou le jeu – est complexe, il est préférable de la décomposer en étapes faciles à comprendre et à réaliser.

L’enfant hyperactif est particulièrement sensible aux stimuli extérieurs. Le fait d’être en groupe ou dans un environnement distrayant (télé, radio, agitation extérieure, etc.) peut agir comme élément déclencheur ou aggravant. Pour l’exécution des devoirs scolaires ou d’autres tâches exigeant de la concentration, il est donc recommandé de s’installer dans un endroit calme où il n’y aura pas de stimuli susceptibles de détourner son attention.

Pour les enfants qui ont de la difficulté à s’endormir, certains trucs peuvent aider. On peut inciter les enfants à se dépenser physiquement durant la journée, mais s’adonner à des activités apaisantes, comme la lecture, avant le coucher. On peut aussi créer une ambiance de détente (lumière tamisée, musique douce, huiles essentielles aux propriétés apaisantes, etc.). Il est conseillé d’éviter la télévision et les jeux vidéo dans l’heure ou les deux heures qui précèdent le coucher. Il est également souhaitable d’adopter une routine de sommeil la plus constante possible.

Lorsque l’enfant « dépasse les limites » ou que les troubles de comportement prennent de l’ampleur, mieux vaut lui demander de s’isoler quelques minutes (dans sa chambre, par exemple). Cette solution permet à chacun de retrouver un peu de calme et de reprendre le contrôle.

À force de subir des réprimandes attribuables à leurs troubles de comportement et à leurs gaffes, les enfants hyperactifs risquent de souffrir d’un manque de confiance en eux. Il est important de souligner leurs progrès plutôt que leurs erreurs et de les valoriser. La motivation et les encouragements donnent de meilleurs résultats que les punitions.

Enfin, on parle souvent des côtés «ingérables» des enfants atteints de TDAH, mais il ne faut pas oublier de souligner leurs qualités. Ce sont généralement des enfants très affectueux, créatifs et sportifs. Il est crucial que ces enfants se sentent aimés par la famille, d’autant qu’ils sont très sensibles aux marques d’affection.

Vivre avec un enfant hyperactif demande beaucoup d’énergie et de patience de la part de ses parents. Il est donc important que ceux-ci reconnaissent leurs limites et qu’ils demandent de l’aide au besoin. Il est notamment conseillé de ménager des temps de «répit», y compris pour les frères et soeurs.

Notons que tout ce qui est décrit ci-dessus vaut aussi pour les adultes, car de plus en plus de personnes adultes sont aussi atteintes de ce trouble. De plus, il s’agit d’excellentes habitudes de vie…