Qui est Marguerite Duras ?

imagesCALQNATGMarguerite Duras, de son vrai nom Marguerite Donnadieu, est née en 1914 dans une ville près de Saïgon au Vietnam. A l’âge de 5 ans, la jeune Marguerite vit toujours à Saïgon lorsque son père meurt, en France. Deux ans plus tard, en 1923, sa mère s’installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong. Marguerite Duras a passé toute son enfance au Vietnam. En 1932, alors qu’elle vient d’obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. Elle obtient en 1963 une licence en droit.

En 1950, Marguerite Duras publie Un Barrage contre le Pacifique et c’est en 1984 qu’elle publie L’Amant, un roman largement autobiographique reprenant la trame de son enfance.

Marguerite Duras a tant écrit sur la question de l’amour, de la jouissance et de la liberté sexuelle au féminin.  Hiroshima mon amour est l’histoire d’une brève liaison amoureuse. L’héroïne, n’est pas une femme «raisonnable»: bien que mariée, mère de famille et vivant en France, elle s’abandonne corps et âme pour vivre une passion. Marguerite Duras, c’est l’écrivaine de la tension du désir, de sa violence. Elle a dit: « Il n’y a pas de vacances à l’amour, ça n’existe pas. L’amour, il faut le vivre complètement avec son ennui et tout, il n’y a pas de vacances possibles à ça. »

Marguerite Duras, en plus d’écrire, a été une combattante, pour défendre le droit à l’avortement notamment et elle a représenté une nouvelle forme de liberté personnelle, une femme passionnée par la vie, par l’autre, par l’écriture, jusqu’aux tous derniers moments de sa vie: « La passion reste en suspens dans le monde, prête à traverser les gens qui veulent bien se laisser traverser par elle. »

Ce qu’elle a révélé de sa propre oeuvre: « Dans les histoires de mes livres qui se rapportent à mon enfance, je ne sais plus tout à coup ce que j’ai évité de dire, ce que j’ai dit, je crois avoir dit l’amour que l’on portait à notre mère mais je ne sais pas si j’ai dit la haine qu’on lui portait aussi et l’amour qu’on se portait les uns les autres, et la haine aussi, terrible, dans cette histoire commune de ruine et de mort qui était celle de cette famille dans tous les cas (…). Elle est le lieu au seuil de quoi le silence commence. Ce qui s’y passe c’est justement le silence, ce lent travail pour toute ma vie. Je suis encore là, devant ces enfants possédés, à la même distance du mystère. Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée. »

Marguerite Duras aimait vivre au bord de l’eau, après le Mékong de son enfance, il y eut la Normandie, dans le même appartement que celui où Proust avait résidé 70 ans avant elle… « J’aimerais qu’on m’appelle Marguerite Duras de Trouville », aimait-elle à dire… Dans son appartement avec un balcon donnant sur la mer, elle a écrit L’Amant. L’endroit l’inspirait. Elle y trouvait ce « vide merveilleux », propice à l’écriture.

Pensez-vous aussi, comme elle, que: « Il reste toujours quelque chose de l’enfance, toujours… »