Qui est Hannah Arendt?

imagesCA4NUK8QHannah Arendt est l’une des intellectuelles les plus importantes du 20ème siècle, particulièrement reconnue comme une penseuse de l’antitotalitarisme. Elle ne se désignait pas elle-même comme «philosophe», mais plutôt d’après sa profession : professeur de théorie politique. Hannah Arendt est née  en 1906 à Hanovre. C’est vers 15 ans qu’Hannah Arendt a ses premières grandes interrogations métaphysiques. Philosophe, elle ne cessera jamais d’écrire des poèmes, pour elle et sa conscience, mais aussi pour les autres, ses amis ou amants. « Penser, c’est vivre. Vivre, c’est penser. Pas de pensée sans prise de risque. Pas de pensée qui ne soit pas un affrontement personnel avec le monde. Penser, ce sera son activité » écrit Laure Adler, historienne, écrivain et journaliste. Cette activité hautement réfléchie, et ce depuis le plus jeune âge, sera renforcée par sa rencontre avec Martin Heidegger. Intellectuellement, sentimentalement le professeur-philosophe Heidegger bouleversera la vie de la jeune Hannah Arendt. Pour lui comme pour elle, à partir de cet instant et ce pour toujours, la philosophie est indissociable de la vie. Hannah Arendt veut comprendre, non pas seulement intellectuellement, mais en agissant, et durant tout le reste de sa vie elle cherchera à comprendre par l’action.

Hannah Arendt est une ‘penseuse’. Elle a ‘pensé ‘à tout: au chaos du monde, aux droits de l’homme, aux totalitarismes, à la démocratie, aux tragédies dont elle a été victime. Elle ne s’est jamais posée comme victime mais toujours en militante. Jamais militante d’un parti ou d’une idée mais politiquement incorrecte et militante de la vie de chaque instant dotée d’un courage exceptionnel et d’une lucidité admirable. Aux notions de destin et d’inéluctabilité, elle a préféré la foi en l’homme, l’idée que tout est toujours possible et que la résistance est à la portée de chacun.

Hannah Arendt fut aussi une prophète, une visionnaire: pour elle, l’état d’Israël ne peut exister sans respect total des dexu communautés, arebe et juive, elle est persuadée toute sa vie que les guerres mondiales et leur horreur absolue ne seront jamais réellement enterrées et que le futur restera sombre si chacun ne prend pas ses responsabilités et ne sen sent pas profondément citoyen du monde avant toute autre chose. Enfin, elle entrevoit, avant 1960, que la société va progressivement préférer les loisirs à la culture…

Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine. Ses livres les plus célèbres sont Les Origines du totalitarisme (1951), Condition de l’homme moderne (1958) et La Crise de la culture (1961).

Hannah Arendt, à la fin de sa vie, a laissé sur son bureau un dernier ouvrage: La Vie de l’Esprit. Il s’agit de dépasser la vita contemplativa, censée permettre d’accéder à la vérité avant de décider comment agir. Pour Hannah Arendt, la pensée la plus haute n’est pas celle qui se réfugie dans la contemplation privée, mais celle qui s’expose dans la domaine public en jugeant les événements, en faisant preuve de goût dans ses paroles et ses actions. La philosophie fut sa seule manière de vivre. Outre l’amour et l’amitié qui lui étaient chers, elle pratiqua la philosophie comme un art du savoir-vivre.

Mon impression en quittant le livre de Laura Adler est qu’il s’agissait d’une femme qui, plus que tout, tenait à lever le voile sur les événements, à prendre sans cesse du recul pour adopter un angle plus univesrel et éternel. Il s’agissait d’une femme débordant d’une énergie intellectuelle hors du commun, qui est restée libre et insoumise, qui a sans doute fait des erreurs de jugement mais qui n’a pas voulu faire de compromis, ni avec l’Histoire, ni avec son époque. Que reste-t-il aujourd’hui de cette bouillonante activité cérébrale, de ses livres et articles? Je ne fais pas partie du ‘monde de la philosophie’ mais j’ose espérer que sa façon de renverser certains raisonnements, de bousculer l’ordre établi et de dénoncer publiquement ce que chacun(e) ressent confusément, nous ont profondément influencé(e)s, que notre esprit critique s’en est trouvé agrandi et que ce qui était considéré comme révolutionnaire à son époque l’est moins aujourd’hui, que nous sommes davantage demandeurs d’un monde plus ouvert et plus humain.. Mais il reste beaucoup de chemin… alors pourvu qu’il y ait beaucoup de ‘filles’ spirituelles d’Hannah..