Nos enfants aussi victimes du stress

imagesCA2KYLV4Anxiété, surmenage, violence, et si nos enfants subissaient aussi le stress, et ce dès le plus jeune âge. Il n’y a plus une semaine sans faits qui nous rappellent que les enfants aussi peuvent ‘péter les plombs’, devenir une menace pour d’autres enfants ou adultes ou enseignants.. Et si nos enfants subissaient, à la maison et à l’école, les effets du stress que nous vivons, nous adultes, dans le cadre de nos vie privée et professionnelle?

Les relations entre nos enfants peuvent devenir toxiques, néfastes et nocives. Le harcèlement n’est plus qu’une affaire affaire d’adultes, n’est plus réservé au monde du travail, il se deploie dans les écoles, sur les réseaux sociaux et devient trop banal.

Quels sont les facteurs de stress pour nos enfants? Le regard des autres, l’envie de se sentir intégrés, de ne pas passer pour des idiots, la crainte de se faire insulter ou agresser qui engendre parfois le fait de devenir soi-même l’agresseur… Les enfants peuvent devenir si moqueurs, si comparateurs, si compétitifs… la concurrence n’est pas qu’un terme économique.. .Et il y a aussi notre rythme dans la vie quotidienne. Qui peut prétendre ne jamais avoir eu l’air d’une furie le matin à l’heure de déposer ses enfants à la crèche ou à l’école? 🙂 Quelle maman ne se retrouve pas dans le rôle de la super speed, les cheveux en bataille, l’enfant balloté, qui court à perdre haleine!

Et lorsque nos enfants rentrent chez eux, donc chez nous, quel accueil leur faisons-nous? Sommes-nous capables de déceler tout ce stress en eux, tous ces besoins de dégager l’agressivité, les frustrations contenues? Nous avons nous aussi notre lot de stress et de soucis. Nos enfants sont ‘des éponges’, disons-nous souvent… Et comment quelqu’un de stressé peut-il aider celui qui l’est tout autant que lui? Cela nous oblige, nous, les mamans et les parents, à devoir prendre certaines choses ‘sur nous’, à tenter de rester cools alors que les tensions s’accumulent également en nous, donc on va potentiellement droit à l’explosion ou on se réfugie dans le déni: ‘ce sont des jeux d’enfants’. Pas forcément…

Quelles sont les conséquences du stress pour nos enfants? Elles ne sont pas très différentes de celles des adultes: troubles physiques tels que maux de ventre, insomnies, grignotages complusifs, l’envie de fumer (de tout), de s’échapper. Quels sont les signes à surveiller? Nos enfants deviennent irritables, insatisfaits d’eux-mêmes, se dévalorisent, pensent: ‘je suis nul(le)’, ‘je ne m’en sortirai jamais’. A partir de quand doit-on consulter? Quand nos enfants se dévalorisent trop souvent.

Gisèle Georges, auteure du livre Ces enfants malades du stress, explique: « nous « psys », nous osons mettre le mot « stress » sur des comportements enfantins seulement depuis une période récente. Alors que c’est un phénomène que l’on observe dans les entreprises depuis bien longtemps. » Quelles sont les tranches d’âges les plus touchées?
« Auparavant, c’étaient les ados de seconde, 15 à 16 ans qui commençaient à être stresser par la fin de la scolarité, les choix d’études pour l’avenir etc… Maintenant, ça touche de plus en plus le collège et ça commence à toucher le primaire. C’est là que j’en ai eu assez et que j’ai écrit mon livre : voir des parents stressés par l’avenir de leur enfant qui est en maternelle ça suffit ! »

Que faire? En tant que parents, n’ajoutons pas inutilement la pression, n’augmentons pas le rythme déjà soutenu dans la plupart des écoles, soyons à leur écoute, indulgents, donnons-leur confiance en eux, proposons des activités de détente, ‘défouloir’, sportives et ludiques, soyons attentifs à leurs fréquentations, telle copine a-t-elle tendance à dénigrer systématiquement ce que fait votre enfant? Installons des rituels qui seront des sortes de ‘sas’ de décompression! Instaurons les moment ‘off’ où il ne ‘faut’ rien faire, juste avoir du plaisir à discuter ou lire ou jouer ensemble. Enfants – et adultes – ont besoin de moments où il n’y a rien de prévu! et aussi de moments – et cela toujours autant pour les adultes! – où ils s’éclatent! Stop à la pression et au contrôle continus! Stop à la course à la performance!

Chaque enfant ou adolescent a besoin de sentir qu’il a une écoute particulière de la part de ses parents, des moments priviliégés avec eux, des moments hors des contraintes journalières. Enfin, osons leur dire que, nous aussi, nous sommes parfois ‘sur les nerfs’, que telle chose nous a énervé, cela permet de montrer à nos enfants que ces situations de conflits ou de tensions existent (pas seulement pour eux) et cela leur permet de s’ouvrir à nous de leurs propres soucis et d’éviter ainsi qu’ils prennent un dimension dramatique. En agissant sur le stress de nos enfants, nous agissons sur le nôtre, c’est un cercle vertueux! Alors, on s’y met dès maintenant!