Elinor Ostrom, économiste et écologiste optimiste!

imagesCA0WAIAILe prix Nobel d’économie lui a été décerné en 2009 (une première pour une femme !) pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d’usagers. Chercheuse politique infatigable et pédagogue ayant à cœur de transmettre aux jeunes générations ses observations et analyses, elle a, toute sa vie (elle est décéde en 2012), continué son cycle de conférences et la rencontre avec les jeunes chercheurs. Elle a fortement influencé la conférence Rio+20, une conférence durant laquelle le terme de «communs» devient un point de ralliement, jusqu’à figurer dans le titre du « Sommet des Peuples pour la justice sociale et environnementale en défense des biens communs ».

Elinor Ostrom était convaincue qu’on pouvait gérer les biens communs, notamment les ressources naturelles, sans les détruire à condition de reconnaître leur valeur sur le long terme. Elle a su démontrer que la sur-exploitation des biens communs est évitée dès lors que les utilisateurs s’organisent eux-mêmes pour gérer ces biens, qu’il s’agisse de pâturages, de zones de pêche ou de nappes phréatiques, car des mécanismes de gestion divers favorisent des rapports de confiance et de réciprocité. A contrario, pour Elinor Ostrom, la privatisation au profit d’un groupe restreint est source de rentes et donc d’inefficacité économique et d’injustice sociale.  Les recherches menées par cette chercheuse ont couvert tous les continents et se sont étendues au climat ou la biodiversité. Elinor Ostrom concevait l’action collective et l’auto-organisation comme une troisième voie entre le secteur privé et l’Etat ! Quelle révolution ce serait !

L’approche d’Elinor Ostrom fut très novatrice car, à la différence de nombreux économistes, elle ne considérait pas les biens pour eux-mêmes, mais dans leur relation avec les groupes sociaux qui participent à leur production ou maintien. Les communs ne sont donc pas des « biens » particuliers, mais également des systèmes de règles pour les actions collectives. En conséquence, la préservation de la ressource passe par la prise de conscience des interactions sociales qui permettent ce partage. Son approche était aussi novatrice dans le sens où elle ne restait pas dans son ‘monde’ clos ! Elinor Ostrom parcourait le monde, en Amérique latine, Asie ou Afrique pour tester ses réflexions.

« Ce que nous mettons trop souvent de côté est ce que les citoyens peuvent faire et l’importance d’un investissement réel des personnes concernées », déclarait-elle en recevant son Prix Nobel d’économie.  Son message principal est que les citoyens ont bien plus d’imagination et de créativité que les économistes et les théoriciens ! Fidèle à l’image souriante, pédagogue et accueillante d’Elinor Ostrom, sa théorie institutionnelle des communs est avant tout une formidable leçon d’optimisme, de confiance dans les capacités humaines, de valorisation de la débrouillardise et d’admiration devant les agencements que l’humanité sait mettre en œuvre. Notre plus bel hommage sera de continuer à défendre les « communs », de faire en sorte que chacune et chacun se sente responsable de la protection de notre planète… commune.

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