Avez-vous une « bonne » ou une « mauvaise » mère?

imagesCATDDS78Peut-on considérer que l’on a eu soit une ‘bonne’, soit une ‘mauvaise’ mère? Qu’est-ce qui fait qu’en se retournant sur notre enfance, nous gardons une ‘bonne’ ou ‘mauvaise’ image de notre mère? Comment qualifier la relation que nous avons eue avec elle? Pour certaines, le mot ‘maman’ est même presque tabou tant la relation fut dure et déstabilisante.

Qui sont nos mères? Pourquoi ont-elles agi ainsi? Comment expliquer leur comportement? A l’âge adulte, et parfois encore plus précisément en devevant soi-même maman, on renoue avec de vieux souvenirs, avec certains schémas et l’on se pose des questions: ‘comment en sommes-nous arrivées là?’ dans les cas difficiles ou ‘comment avons-nous construit notre complicité’ dans les cas heureux. Dans tous les cas, cette relation nous a marquées. Mais doit-elle nous impacter encore? Devons-nous replonger dans ce qui constitue parfois de douloureux épisodes de notre vie?

Selon la psychanalyse, la mère – ou la figure de la mère – prodigue les soins quotidiens, tandis que le père – ou la figure du père – a une forte importance symbolique. Pour schématiser, la mère compte pour ce qu’elle fait, le père pour ce qu’il incarne. D’où la construction d’une identité en tant que femme en fonction de l’identité de notre mère.. Avez-vous le sentiment d’avoir ‘épousé’ le modèle de votre mère ou au contraire de l’avoir rejeté ou de vous être construite en opposition à celui-ci? Dans les deux cas, il s’agit d’une réaction par rapport à la figure maternelle. Et lorsque la mère a été fragile, souvent l’enfant a absorbé ses angoisses. Ainsi, connaître les angoisses de l’une permet d’aider à comprendre et guérir les angoisses de l’autre.

Dans l’ouvrage ‘Filles d’Eve’, l’auteure Christiane Olivier indique à quel point, durant la petite enfance, le regard et l’attitude de nos mères nous marquent à vie.. ‘Ma mère, ce fléau’, l’ouvrage de Catherine Siguret, propose différents portraits de mères égoïstes, frustrées, instables, fragiles. L’auteure indique que « le manque laisse un marquage, une douleur sourde. On peut avoir guéri d’une blessure, et en garder malgré tout la trace. » Dans l’ouvrage ‘Toutes les mères sont folles’, Claudia Fliess indique qu’aucune mère n’est ‘normale’ et que lorsqu’on devient maman, deux options sont possibles : soit on s’engage dans une compétition, un rapport de force avec sa propre mère, soit on va rejouer sa propre histoire. Certaines, lorsqu’elles deviennent mamans, se ‘vengent’ de leur propre mère: chantages, menaces de ne pas laisser la grand-mère voir ses petits-enfants, certaines choses peuvent se rejouer avec un rapport de force inversé…

Que peut-on faire pour être une mère « normale »? Claudia Fliess pense que « si on est consciente de sa propre histoire, si on a fait un travail sur soi, si on sait ce que va représenter l’enfant dans le couple et si on ne projette pas sur l’enfant toutes ses névroses ou son espoir souvent inconscient de régler quelque chose de sa propre histoire, on peut devenir une mère « normale ». Simplement, il faut faire ce travail sur soi avant. C’est le message du livre : faites-le point avant. Plus vous serez éveillée et consciente des choses qui se jouent, plus vous sortirez des automatismes. » Et pour toutes celles qui n’ont pas fait le travail ‘avant’, il n’est évidemment jamais trop tard pour devenir une mère, ni trop bonne ni trop mauvaise, peut-être pas complètement ‘normale’ mais présente, chaleureuse et drôle! Etre maman, c’est aussi renouer avec l’enfance. Pourquoi ne pas être aujourd’hui l’enfant que l’on n’a jamais été…