Comment éviter le piège de l’enfant-roi?

imagesCAYLU9AEQui dit enfant-roi dit parfois maman esclave… Car un enfant à qui l’on n’ose plus rien dire ou refuser aura une tendance naturelle à devenir un petit tyran! C’est alors une sorte de loi du plus fort: je te résiste et tu me cèdes! Un test: quand nous disons ‘non’ à nos enfants, est-ce un non hésitant, timide, presque inaudible ou un non ferme et clair, qui ne nécessite pas des explications interminables… 🙂 Et si cela commençait par oser dire non justement.. Le non, à notre époque, est trop souvent vécu comme humiliant alors qu’il donne des repères sans être forcément le signe d’une autorité excessive! Sans parler du fait que dire non, c’est passer pour la ‘méchante’.. or nous voulons tant être aimées et aimables n’est-ce pas ? 🙂

Les experts de l’enfance indiquent que les enfants ont autant besoin de règles et de limites que d’amour et de tendresse car devoir choisir, décider, interpréter est source d’inquiétude et d’angoisse pour eux. C’est logique si on se met une minute à la place de nos enfants.. Nous avons aussi du mal parfois à choisir et à décider, alors même qu’un adulte ‘sait’ que tout n’est pas possible, or c’est cela qui différentie notre position de parent. Un enfant, souvent, ne sait tout simplement même pas ce qu’il veut.. et se sent bien incapable de décider. Mais ne tombons pas dans l’autre extrême: il s’agit aussi de faire le plus souvent possible confiance en l’instinct de nos enfants, de rester à l’écoute de leurs besoins.. Pas si simple..

La psychanalyse parle de la volonté de toute-puissance des enfants qui ne peut être gérée que par des parents non pas tout-puissants – et bien heureusement ! – mais par des parents responsables et .. patients !

Le plus difficile pour nous, les mamans, c’est lorsque nous ne sommes pas sûres des limites, que pour nous aussi celles-ci ne sont pas claires. Par exemple quand notre enfant pleure, que faire? Lui permettre d’exprimer sa colère, sa fatigue ou lui apprendre le self-control? Cela nous renvoie à ce que nous nous permettons à nous-mêmes: osons-nous pleurer un bon coup de temps en temps?

Les enfants comprennent souvent les choses beaucoup plus vite et profondément qu’on l’imagine.. Ainsi, croire qu’il faut tout le temps justifier une décision vis-à-vis d’eux, alors que cela fait des dizaines de fois que nous avons expliqué le pourquoi de cette décision, c’est croire que l’enfant est incapable de juger par lui-même ce qui se passe, cela entraîne un déficit de confiance en lui et une désobéissance croissante, ce qui est évidemment l’inverse de ce que l’on désire vivre ensemble..

Mais existe-t-il de ‘bonnes’ règles pour tous? Etant donné que chaque enfant a un tempérament, une personnalité bien à lui, il me semble impossible de trouver des ‘recettes miracles’. Sans parler de l’évolution avec l’âge et la situation familiale qui nécessite des changements en permanence. Le mieux est sans doute de rester attentive aux besoins de nos enfants, de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de rester un guide dans la vie de tous les jours, et de garder au maximum, dans toute circonstance, le calme et le sourire intérieurs.. Vaste défi quand on a l’impression qu’ils nous font marcher sur la tête!

Que faire concrètement?

– Lorsque nous donnons une limite, lorsque nous refusons quelque chose, l’idéal serait de toujours expliquer pourquoi et d’indiquer que cette ‘règle’ vaut pour tous (pas seulement pour notre enfant en particulier, ni uniquement pour les enfants mais pour les adultes aussi). Un grand classique c’est: ‘on ne frappe pas les autres’, et cela vaut pour la vie entière 🙂

– Osons être ferme sur certains points – les heures de sommeil par exemple car c’est un capital pour la vie – et plus cool sur d’autres – le rangement des jouets peut peut-être attendre…

– Soyons cohérentes: ne demandons pas à nos enfants d’adopter des comportements qui se contredisent, confusion et agressivité en retour garanties! Et soyons cohérents entre parents: si maman le dit, papa aussi ! Pas facile lorsque les parents ne vivent plus ensemble mais avec une bonne dose de volonté commune, cela reste tout à fait jouable !

– Soyons persévérantes: si nous désirons disposer d’une heure le week-end pour lire tranquillement mais que nous acceptons d’être chaque fois interrompues (il y a toujours tant de bonnes raisons), il ne faut pas s’étonner qu’on ne lise plus !

– Prenons du temps pour accueillir une demande, une interrogation, une inquiétude, c’est tout du temps gagné dans les moments plus difficiles: nos enfants savent qu’ils peuvent compter sur nous dans les bons et les mauvais moments, il n’y aura pas une ‘bonne’ mère d’un côté et une ‘mauvaise’ de l’autre, mais une personne qui a plein d’amour, mais plein de limites aussi !

– Proposons des petits défis au quotidien qui soient liés à des priorités pour la vie de famille: si chaque matin c’est la course qui vire au cauchemar, apprenons à démarrer – nous aussi !- plus tôt pour éviter de revivre tous les jours le même scénario !

– Gardons une vie à nous: chacun a le droit d’avoir son jardin secret, nos enfants comme nous, ce respect mutuel donne envie aux petits comme aux grands de respecter quelques règles de vie commune.

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