Aurions-nous moins ‘besoin’ de faire l’amour que les hommes?

imagesCAHJ5251Cette question peut sembler étrange.. Mais j’entends tout de même souvent les femmes qui disent: « Lui, il a tout le temps envie, alors que moi… » 🙂 Pour tenter de mieux comprendre pourquoi, dans certains cas – mais pas toujours! – on peut en arriver là, plongeons-nous dans l’ouvrage de Catherine Blanc, La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines, qui démonte de nombreuses idées reçues, dont celle-là. En effet, a priori il n’y a aucune raison que nous ayons moins envie que les hommes!

Nous sommes physiquement différents, certes, mais nous avons les mêmes pulsions! La pulsion sexuelle est aussi forte et aussi puissante chez l’un que chez l’autre. Mais alors que pour la femme, cette pulsion est plus intime, l’homme a des signes externes très visibles!

Nous, les femmes, sommes soumises à un cycle hormonal. Mois après mois, le corps de la femme fertile travaille à la maturation d’ovocytes, dans un but de procréation, puis à son élimination en cas de non-fécondation. L’homme, lui, est toujours prêt à engendrer. Pourtant, si la période d’ovulation est celle dans laquelle la femme se sent la plus ouverte à l’éventualité sexuelle, imaginer que le rythme hormonal rendrait compte du rythme du désir serait réduire la sexualité à une pulsion instinctive de reproduction. La sexualité ne concernerait donc que les femmes fertiles, une fois par mois ! Or, ce que nous nommons aujourd’hui sexualité, c’est cet univers privilégié dans lequel hommes et femmes cherchent à se rencontrer, à se plaire, à se faire du bien, à se révéler et à révéler leurs émotions. Si l’élan instinctif de se reproduire est le cadre dans lequel se construit notre excitation, il n’en est qu’un tremplin.

Aurions-nous peur de nos désirs? Dans l’enfance, nous accueillons avec curiosité, mais également défiance, la pulsion sexuelle, qui peut être interprétée comme une expression possiblement agressive et donc coupable. Si les hommes, guerriers, chasseurs et pénétrants, ne s’en inquiètent pas trop, les femmes ont parfois du mal à trouver la même légitimité à leur expression sexuelle. Dès lors, elles peuvent craindre leur propre désir…

Il existe aussi des facteurs historiques et culturels. Pendant des siècles, la suspicion a pesé sur le désir féminin. Le danger était qu’une femme trop désirante recherche ailleurs que chez son mari la satisfaction de ses pulsions, avec le risque d’enfants adultérins. On a donc longtemps préféré croire que le désir féminin était tout entier tourné vers la maternité, et qu’il devait s’y cantonner! Aujourd’hui, beaucoup de femmes se débattent encore entre les rôles de (future) maman et de femme .. désirante et désirable. Mais cela n’empêche que nous aussi, nous avons besoin – et nous aimons – faire l’amour!