Platon et Aristote, de sacrés machos!

antiquitéQuels sont les modèles féminins de l’Antiquité? La fameuse sagesse antique n’a rien de sage dans sa vision des femmes… Platon, dans la République, considère que « quoi qu’elles entreprennent, elles le feront moins bien que les hommes ». Pour Aristote, l’infériorité des femmes est systématique sur tous les plans.

La femme, durant l’Antiquité, est globalement considérée comme d’une moindre qualité, comme un non-être, comme une lacune, une mutilation et une incomplétude. La femme est vue comme passive et comme inférieure par essence. Elle n’existe d’ailleurs que par opposition à l’homme, qui est l’étalon parfait, qui représente le moteur de la vie! Le mépris du féminin est global et n’est pas remis en cause, ni par les hommes, ni par les femmes.

« Avant l’apparition des femmes, le monde était parfait. » Lorsqu’elles apparaissent, les philosophes considèrent que commence la détresse humaine, associant le féminin au manque. Toute initiative des femmes est vue comme une entreprise de séduction, de sorcellerie. Le statut d’épouse confine les femmes à une passivité totale et consentante, à un renoncement complet de toute autonomie. Une épouse renonce à tout ce qui pourrait lui appartenir en propre. Une femme vit et n’existe qu’à l’intérieur de sa maison, et encore une partie de la maison, appelée ‘gynécée’, où elles filent et tissent, élevant les enfants. Par ailleurs, les femmes représentées dans les oeuvres d’art antiques sont dans des situations où elles provoquent ou satisfont le désir de leur partenarie masculin… Le paradoxe absolu d’un Athénien, ce sont les Amazones, ces femmes guerrières, qui vivent entre elles et qui refusent tout contact avec les hommes, une sorte de monde à l’envers! Que les femmes soient épouses ou Amazones, elles sont à chaque fois données en spectacle comme un objet aux yeux de l’homme grec, le sujet regardant.

Etre femme dans le monde antique, c’est mener l’existence d’une éternelle soumise: dès les premiers jours de sa vie, la petite fille subit l’autorité de son père. Devenue jeune mariée, elle quitte le foyer familial. Elle ne se libère de la domination paternelle que pour accepter celle de son mari. Tout au long de son existence, une femme doit tolérer la présence d’un homme au-dessus d’elle, qu’il soit son père, son mari, son oncle ou son frère.

La vie d’une femme est tracée dès sa naissance : la tâche qu’on lui assigne est de procréer et d’entretenir le logis familial. Il est donc plutôt rare qu’une maîtresse de maison quitte son foyer pour flâner dehors, surtout si elle n’est pas accompagnée de son époux. En Grèce ancienne, une femme parcourant seule les rues de la cité fait scandale. Seules les prostituées ont droit à ce privilège. A Athènes, les citoyennes participent très rarement aux fêtes religieuses de la ville. L’entrée du théâtre leur est interdite. Les femmes ne sont pas autorisées à jouer la comédie, ce sont des comédiens masculins qui interprètent les rôles de femmes.

En Grèce, quand un mari trouve son épouse en compagnie d’un autre homme, il est autorisé à les tuer tous les deux sur l’instant. En revanche, si l’inverse se produit, l’épouse trompée ne peut que réclamer le divorce. Les Athéniennes n’ont pas le droit d’avoir de relation conjugale en dehors de celles qu’elles partagent habituellement avec leur époux. En revanche, un homme marié a le droit de fréquenter une esclave ou une autre citoyenne, à la condition que celle-ci ne soit pas la conjointe d’un autre Athénien.

En matière d’héritage, là encore, l’inégalité prévaut. Les femmes ne peuvent pas toujours disposer librement de ce dont elles ont hérité parce que la loi impose qu’elles remettent la part reçue à leurs enfants. Si, au moment de sa mort, un homme n’a qu’une fille unique, celle-ci récupère l’ensemble des biens paternels. Mais elle est alors contrainte à épouser un membre de sa famille (oncle, cousin…) pour que l’héritage ne tombe pas en des mains étrangères.

La cité antique, grecque ou romaine, était donc un ‘club d’hommes’. Au niveau juridique, les femmes ont beaucoup de devoirs et quasiment aucun droit! Et qu’en est-il de l’Egypte antique? La société égyptienne reconnaît à la femme, non seulement son égalité à l’homme, mais aussi son indispensable complémentarité. Ce respect s’exprime dans la morale et la théologie égyptienne, mais il est moins clair dans la vie quotidienne des Égyptiens. On est ainsi loin de la société de la Grèce antique où la femme était considérée comme «une éternelle mineure». Rares sont les civilisations antiques où la femme pouvait atteindre des postes sociaux importants. Dans l’Égypte antique, les exemples de femmes haut-fonctionnaires ne sont pas rares. On retrouve ainsi des femmes à la fonction suprême, celle de pharaon.

Au Moyen-Age, la condition féminine ne s’améliore pas. La Révolution de 1789 demeure essentiellement une affaire masculine. Les changements majeurs intervenus dans la vie quotidienne des femmes, cela date du 20ème siècle et il y a encore beaucoup de marge de manoeuvre n’est-ce pas?