Virginie Joly, viticultrice en biodynamie

Viticultrice-je-vis-et-produis-ecolo_imagePanoramique500_220« Je suis un bébé bio : l’année de ma naissance, en 1979, mon père a envoyé balader tous les produits chimiques utilisés dans nos vignes », déclare Virginie Joly, la fille de Nicolas Joly qui a écrit plusieurs livres sur la biodynamie qui est une vision du monde basée sur le respect de l’environnement et de l’énergie, et l’harmonie globale de l’endroit où l’on vit.

« Une fois passé mon bac, j’ai cherché ce que je pourrais faire de ma vie, comme tout le monde. Je suis d’abord allée chanter un an en Finlande, en compagnie d’enfants handicapés. En rentrant, je me suis dit que j’allais me lancer dans l’enseignement. Mes premiers pas dans l’Éducation nationale m’ont découragée: j’ai trouvé que tout y était disharmonieux, absurde, compliqué… J’ai aussi entrepris une formation de naturopathie, qui me semblait plus proche de mon propre univers. C’est à ce moment-là que le domaine m’a vraiment attrapée. J’ai réalisé qu’ici, c’est un endroit magique et précieux, équilibré au point que j’y trouve, moi aussi, mon équilibre. J’ai proposé à mon père de travailler avec lui. »

« En travaillant la vigne, j’ai compris ce que je savais intuitivement, sans jamais l’avoir réalisé : le vin est le fruit d’un terroir. La plante puise dans le sol et dans le climat l’énergie nécessaire à produire le fruit. Il est absurde et fou, et même faux, à mes yeux, de vouloir aller à l’encontre de cette réalité : le travail d’un vigneron est de produire un vin vivant, qui exprime le plus justement possible le terroir d’où il est issu. Sans vouloir le changer ou le transformer. »

« La biodynamie, c’est traiter la terre comme nous aimerions être traités nous-mêmes : avec attention, délicatesse, confiance, et en acceptant que, parfois, les choses nous échappent. C’est une question de bon sens. Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreux à choisir ce mode d’agriculture qui est aussi, et surtout, un mode de vie. »

« Nos vins se bonifient d’année en année, et nos existences aussi : l’été dernier, un viticulteur de Roquefort, en Provence, a perdu toute sa vendange pour les deux ans à venir à cause de la grêle. Normalement, les voisins auraient dû se frotter les mains devant les malheurs de leur concurrent. Au lieu de ça, ils ont tous donné un peu de leur production, pour que le viticulteur puisse élaborer et commercialiser une cuvée solidaire qui lui permettra de sauver son exploitation. C’est comme ça que j’ai choisi de vivre. Parce que, j’en suis de plus en plus convaincue, l’harmonie produit l’harmonie. Dans tous les domaines. »

Sachez par ailleurs qu’une passionnée des vins et une admiratrice des viticultrices a créée un concept novateur: proposer de découvrir des vins .. féminins ! Chais-Elles (chais-elles.fr), c’est l’histoire de femmes viticultrices qui se sont imposées dans un monde encore si masculin, une envie de vivre l’œnologie différemment. Avis aux amatrices de bon vin !