Etre une femme en 2014

WOW_band_pic2Chères lectrices, cela fait aujourd’hui très exactement un an que j’ai créé ce blog. J’ai rédigé plus de 300 articles et pour commencer cette nouvelle année en beauté, je vous propose de réfléchir un instant ensemble sur ce qu’est être une femme aujourd’hui! Même si les nouvelles sont parfois très décevantes, voire déprimantes, en termes de condition féminine, même si les clichés perdurent, osons espérer que 2014 sera une année riche et intense pour nous, les femmes!

J’ai vu une conférence de Jacque Salomé dont le sujet est ‘Etre une femme aujourd’hui’ (www.editions-en-conscience.com). Voilà un homme qui s’est toujours intéressé de très près aux femmes, un homme qui nous incite à aller vers le meilleur de nous-mêmes, un homme qui dit haut et fort: « Je ne serais pas l’homme que je suis sans les femmes », bref un saint homme ! 🙂

C’est toujours un grand plaisir de l’écouter parler de son expérience en tant que psychologue et spécialiste de la communication non violente car il est non seulement très observateur mais aussi drôle et touchant! Que nous dit-il sur nous-mêmes? Que nous devons nous construire en tant que femmes, dans notre relation au monde. Sommes-nous restées l’enfant imaginaire de nos parents, la personne dont nos parents ont rêvé? Portons-nous les blessures de nos parents, les faisons-nous porter à nos propres enfants? Selon Jacques Salomé, notre grand défi est de cesser de porter le poids des attentes et des émotions de nos parents, de nos proches, de nos amis, de nos collègues. Cessons de tenter de réparer des choses qui ne nous appartiennent pas ou plus. Renonçons à la culpabilité. Cessons les sacrifices, les relations où nous ne sommes pas respectées.

Jacques Salomé nous donne des conseils qui selon lui peuvent nous permettre d’être pleinement nous-mêmes: apprendre à nous positionner au sein de nos relations, oser faire passer nos besoins avant les désirs des autres, apprendre à demander. « Si je ne me définis pas en tant que femme, je me laisse définir par les désirs (et les peurs) des autres. » Nous cumulons différents rôles: la maman, douce et attentionnée, la mère, plus ferme voire autoritaire, la femme partenaire, la femme active et l’ex-petite fille. Selon Jacques Salomé, nos enfants sont très habiles pour réveiller la petite fille en nous, pour nous renvoyer à nos angoisses d’antan.

Comment distinguer un réel besoin d’un désir? Selon Jacques Salomé, cette distinction est fondamentale pour s’épanouir. Il nous indique les besoins relationnels suivants: le besoin de ‘se’ dire, lié à nos sentiments , ressentis, le besoin d’être écoutée, « comment me faire entendre par mon entourage? », le besoin d’être reconnue, valorisée, le besoin d’intimité. Tous ces besoins devraient être non seulement reconnus mais assumés et respectés en premier lieu par nous-mêmes…

Et être une femme dans le monde du travail? Catherine Blondel, directrice scientifique de l’Ecole des femmes de l’Institut de l’Ecole normale supérieure en France, parle de « la contrainte du genre »: « le pire piège que l’on tend à une femme dans l’univers du travail c’est de l’enfermer dans des stéréotypes. Malgré l’avancée juridique sur l’égalité, on ne change pas si facilement des millénaires de représentations. Les femmes doivent donc, à chaque fois, composer dans un jeu délicat entre égalité et singularité avec leur environnement masculin ».

A chacune d’inventer, de se débarrasser du sentiment de culpabilité et d’illégitimité, en distinguant bien ce qui relève du genre et du rôle. Un management n’est ainsi ni féminin ni masculin, c’est un rôle qui ne relève pas du genre. « Soyons égaux et différents et non égaux et identiques », écrit Sophie Marinopoulos, dans Combattre les petites philosophies du pénis. Où vont les femmes. La psychanalyste tire la sonnette d’alarme sur la guerre des sexes qui gronde selon elle plus fort chaque jour. Du côté des hommes, cela se traduit par des propos sexistes, des comportements transgressifs et d’abus à l’égard des femmes, comme si les revendications d’égalité des femmes étaient une attaque de leur intégrité, de leur identité masculine.

« Dans une société qui tente l’effacement de la différence des sexes et des générations, il semble de plus en plus périlleux de se supporter dans des places différenciées porteuses d’égalité, d’accepter ce que l’altérité induit dans nos rapports humains. L’altérophobie est en passe de devenir la maladie de notre siècle, son fléau « , estime Sophie Marinopoulos.

Il semblerait qu’il y ait désormais une confusion sur les contours de l’égalité. Déjà dans les années 1950, le psychanalyste Erich Fromm (1900-1980) s’inquiétait de la tendance croissante à l’élimination des différences liée au concept et à l’expérience de l’égalité. A l’origine, rappelle-t-il, l’égalité signifie que les différences véritables entre individus doivent être respectées.

Ainsi la question n’est pas tant d’être une femme mais surtout d’avoir le droit d’être telle que l’on est, et s’accorder ce droit d’abord vis-à-vis de nous-mêmes. Il y a autant d’êtres uniques que de personnes sur cette terre.. Alors, vive les différences et vive toutes les femmes et hommes! Je vous souhaite une année 2014 flamboyante!