Ranjana Kumari, une Indienne qui se bat pour les femmes!

imagesCAG3PF5MSouvent, c’est au nom de la tradition que les femmes sont soumises, cachées, mutilées, échangées, privées de leurs droits ou violentées. La « tradition » sert d’alibi pour maintenir une domination et écarter les femmes du pouvoir. Mais certaines protestent. Ranjana Kumari se bat en Inde pour que les filles aient le droit de naître. Par le biais de manifestations et de campagnes de prévention, la population indienne prend peu à peu conscience des conséquences dramatiques de ce problème.

Depuis près de vingt ans, elle se bat contre ce véritable « féminicide ». Promise à un mariage arrangé, elle a dû lutter contre ses parents pour pouvoir finir ses études de sciences politiques. Après avoir gagné ce premier combat, elle a accédé après l’université à de hauts postes généralement réservés aux hommes. En 1983, elle fonde le Center for Social Research pour comprendre d’où vient cette violence faite aux femmes, développer la formation auprès des autorités et des médecins et mener des actions de terrain auprès des victimes.

Aujourd’hui, environ 117 millions de femmes font défaut en Asie, principalement en Inde (30 %) et en Chine (57 %). Cela représente environ 8 % des femmes des pays où la sélection prénatale est pratiquée, dont 7 % des femmes en Inde. Selon le professeur P.M. Kulkarni, démographe, chercheur à l’université Jawaharlal Nehru de Delhi, 500 000 foetus de filles sont avortés en Inde chaque année, soit environ 4 % des foetus féminins. Pourquoi ? Parce que entre la charge que représente une fille (notamment à cause de la dot) et la nécessité absolue d’avoir un fils (seul un homme peut allumer le bûcher funéraire de ses parents), les familles indiennes soumises à la politique de réduction des naissances préfèrent éviter d’avoir une fille, ce qui incite les femmes à avorter.