Marie-Monique Robin, journaliste engagée et … enragée!

lr55_2760997_1_px_470_La journaliste Marie-Monique Robin a réalisé le documentaire Notre poison quotidien, un documentaire choc sur les milliers de produits chimiques qui empoisonnent notre assiette, après Le monde selon Monsanto, qui dénonçait l’emprise du leader mondial des OGM. « A travers Notre poison quotidien, mon but est d’alerter les citoyens, mais aussi les politiques. Après l’avoir visionné, ces derniers ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas… ».

« Je me suis beaucoup documentée. J’ai lu des centaines de livres, consulté des milliers de documents, contacté de nombreux experts… » Marie-Monique ne fait pas les choses à moitié ! Elle s’est rendue dans une dizaine de pays, afin de rencontrer des agriculteurs, des scientifiques, mais aussi des représentants d’agences de réglementation. Son documentaire a mis au jour des méthodes d’évaluation totalement inefficaces, des industriels qui trafiquent leurs études, des experts chargés de réglementer ces produits qui sont à la fois juge et partie…

L’agriculture est l’un de ses sujets de prédilection. Dès 1997, elle se penche sur La faillite des paysans, sur l’histoire du blé: Blé : chronique d’une mort annoncée ?, sur les cultures de soja transgénique en Argentine: Le soja de la faim)… Fille d’agriculteurs et «fière de l’être», Marie-Monique Robin a constaté les dégâts que peuvent causer les pesticides sur la santé des paysans: «Dans cette ferme, qui était une coopérative, nous vivions avec quatre autres familles d’agriculteurs. Parmi eux, trois ont développé un cancer et un autre, une leucémie… »

Ses parents étaient persuadés que l’on pouvait changer le monde. « Une idée qui ne m’a ensuite jamais quittée… ». Agée d’une vingtaine d’années, Marie-Monique Robin a réalisé une cinquantaine de documentaires et écrit sept ouvrages, pour accompagner certains de ses films. Le fil conducteur de ses enquêtes : « la situation des droits de l’homme dans le monde », et en particulier, en Amérique Latine, un continent qui lui est cher et où s’elle rendue plus de… cent fois. Parmi ses faits d’armes : un film sur les sidatoriums à Cuba (Sida et révolution) ; un autre sur l’utilisation de la torture par les Etats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme (Torture made in USA) ; un autre encore sur l’exportation par l’armée française de ses méthodes de torture utilisées pendant la guerre d’Algérie vers les dictatures d’Amérique du Sud (Escadrons de la mort, l’école française)… Pour autant, Marie-Monique se défend d’être une «journaliste militante»: «tous les journalistes devraient voir leur métier comme ça. On a toujours dit que la presse était le quatrième pouvoir, mais malheureusement, on l’a oublié… Or, nous ne sommes pas des porte-micro !».