Derrière chaque ‘grande femme’ se cache un ‘grand homme’?

38386305Une étude a été réalisée par le réseau JUMP auprès de 150 Belges qui ont inversé les rôles traditionnels dans leur couple par choix et où c’est l’homme qui assume la responsabilité principale de la famille pour plusieurs années. De plus en plus de mères veulent poursuivre une carrière et sollicitent le soutien de leur conjoint. Certains couples ont décidé d’inverser le schéma traditionnel: ce sont les pères qui gèrent le ménage, permettant ainsi à leur partenaire de poursuivre le développement de leur carrière professionnelle.

Quelle est la motivation de ces ‘pères pionniers’? Sur base des résultats de l’étude, deux raisons principales semblent motiver ce changement des rôles: le soutien de la carrière de sa partenaire et l’envie de consacrer plus de temps à sa famille. L’étude montre aussi que la plupart des couples ne considèrent pas ce schéma familial comme une solution de rechange ou de dépannage mais plutôt comme une solution durable pour leur famille. En effet, 88% des pères interrogés assument cette responsabilité depuis plus d’un an et près de 50% l’assument depuis plus de 5 ans. Parallèlement, 58% d’entre eux ont l’intention de conserver cette responsabilité pour plus de 3 ans ou indéfiniment. Cet engagement à long-terme se reflète dans la répartition des tâches quotidiennes. 61% des pères estiment être le responsable principal des tâches ménagères. Toutefois, les décisions financières et celles concernant l’éducation des enfants sont davantage partagées et concertées dans le couple.

Quelles sont les conséquences de ce choix ? Les pères pionniers perçoivent deux avantages principaux à leur choix: l’opportunité d’une meilleure carrière pour leur partenaire et le bonheur des enfants. Deux éléments qui rejoignent les raisons de leur choix. Du côté des mères, elles apprécient ces deux éléments tout comme la notion de «repos et moins de stress dans le ménage». De manière globale, plus de la moitié des pères interrogés sont satisfaits de leur situation. Même si 30% d’entre eux éprouvent, parfois, des sentiments mitigés face à leur choix.

Quels sont les obstacles à cette situation? Malgré les nombreux avantages répercutés sur leur vie de famille, les pères pionniers rencontrent certaines difficultés :

  • La contrainte financière est un élément important. Le couple ne peut pas se permettre autant de dépenses que dans une situation où deux salaires plein temps subviennent aux besoins. L’homme peut aussi avoir des difficultés à accepter sa dépendance financière.
  • L’exclusion de la vie (partielle ou totale) active est un autre point d’achoppement à ce modèle familial. Les pères évoquent leur isolement et la baisse d’invitations.
  • La pression de l’employeur et les conséquences de leur choix sur leur carrière représentent un frein. Ceci se reflète dans le souhait des pères pionniers d’avoir plus de flexibilité au travail et d’une reconnaissance du rôle parental du père plus élevée.
  • La perception de l’entourage constitue également un obstacle. Les pères de famille interrogés ressentent un soutien relativement modeste de la part de leur famille, leurs amis et leurs collègues de travail.

Les obstacles clés identifiés par les pères sont directement liés à la diminution de leur temps de travail. On remarque que 92% des pères ciblés travaillaient précédemment à plein temps. Suite au choix de prendre plus de responsabilités familiales, ils ne sont plus que 57% à travailler à temps plein, les temps partiels et les pères au foyer augmentant fortement.

Que veulent ces ‘nouveaux couples’? Les ménages interrogés souhaiteraient, avant tout, plus de flexibilité au travail, l’amélioration de services de garde d’enfants ainsi que la reconnaissance et la promotion du rôle parental du père dans la société et les entreprises. Ceci se traduit de trois manières :

  • Offrir des options de travail flexible pas seulement aux mères mais aussi aux pères. Ces programmes sont de plus en plus demandés et lorsqu’une entreprise ne les propose pas à ses employés, cela impacte très négativement leur satisfaction vis-à-vis de leur employeur.
  • Améliorer la visibilité des pères qui ont choisi plus de flexibilité tout en conservant des postes à responsabilités et des possibilités d’évolution dans leur carrière. Ceci permettrait de faire évoluer les mentalités et la perception de ces programmes.
  • Améliorer les services de garde d’enfants et promouvoir le rôle du père, via notamment le congé parental.

Rapport complet: http://www.jump.eu.com/files/2013/SURVEY/SURVEY_PERES_REPORT_LIGHT.pdf

Et vous, quelle organisation familiale vous semble la plus idéale?