Benedita da Silva, le visage d’un Brésil lumineux !

4jul2013---benedita-da-silva-sofreu-uma-acao-de-improbidade-administrativa-em-dezembro-de-2003-quando-ainda-era-ministra-da-assistencia-social-a-procuradoria-da-republica-acusouBenedita da Silva a un parcours tout à fait extra-ordinaire: elle est la première femme qui a été élue gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro. Benedita da Silva est née dans une favela, elle a été employée de maison et institutrice avant de se lancer dans la lutte pour les droits de l’homme, puis dans la politique en militant au sein du Parti des travailleurs. Elle a obtenu un diplôme universitaire pour ses 40 ans. Elle a été la première Afro-Brésilienne à entrer au Sénat!

Quels sont ses combats? Durant sa carrière politique, elle a essuyé de multiples insultes raciales et elle a fait face à beaucoup de préjugés liés à son origine modeste. Benedita Da Silva lutte tous les jours contre le racisme: «Au Brésil, il y a un complexe important de la population noire. Elle constitue la majorité de la population, mais elle est vraiment exclue dans le milieu intellectuel». Benedita Da Silva cite l’exemple des députés. Ils sont au nombre de 513, parmi lesquels il y aurait seulement 45 femmes et 24 d’entre elles seraient noires. «Nous comptons des noires qui n’ont pas conscience qu’elles sont noires. Par exemple les femmes s’imaginent être dans l’égalité et ça les rassure, tout ça parce qu’elles sont claires ou métisses, seulement 12 députés se disent être noires, c’est dommage».Benedita se moque des conventions et avoue ne pas faire que des actes politiquement corrects. «Dans l’hémicycle, nous faisons beaucoup de chahut et nous créons la confusion, et quand nous commençons, ils tremblent, c’est une lutte des nerfs»,explique t-elle.

«Nous tous nous sommes libres, mais nous devenons des esclaves. Quand nous redevenons esclaves dans nos têtes, nous nous remplissons de peur, et aussi nous nous remplissons de courage. Et c’est ça qui te fait croire qu’un jour, tu y arriveras parce que toi tu n’acceptes pas la situation dans laquelle tu vis. C’est ce cheminement que j’ai eu. Je sais que chaque noir qui se libère, libère des millions d’autres».

Benedita Da Silva mène un combat pour les femmes: «Il faut vraiment investir les femmes dans plus de choses, pas seulement utiliser leur nom, mais leur donner une vraie place».

Benedita Da Silva a connu la précarité avec ses douze autres frères et sœurs. Il lui arrivait de faire les poubelles pour nourrir sa famille. Très tôt, elle se met à travailler comme femme de ménage pour aider le foyer. Les femmes de la favela l’ont choisie pour être leur leader. Un mouvement d’abord féministe, qui trouve aujourd’hui reconnaissance auprès de l’ensemble de la communauté noire du bidonville.

«Nous, les femmes des favelas, nous sommes des promotrices de la paix et nous nous battons pour avoir des hôpitaux, des écoles pour les enfants et du travail pour tous».

«Dans ma tête, les choses sont claires, je ne quitterai pas la favela tant qu’il existera d’autres noirs, d’autres femmes, d’autres pauvres, au Brésil. Et je continuerai de vivre avec eux tant que les choses n’auront pas changé».

Benedita Da Silva est en marche pour changer le visage du Brésil, pourvu qu’il y en ait encore beaucoup d’autres pour la rejoindre!