Finies les scènes de ménage !

imageQui fait le ménage à la maison? La fée du logis aujourd’hui c’est qui? L’homme dit ‘nouveau’? 🙂 Ménage à deux, ménage heureux?  Une étude publiée en mai 2014 aux Etats-Unis révèle que les couples se répartissant de manière égalitaire les tâches ménagères seraient plus heureux! Selon l’étude, le bonheur conjugal ne perdurerait pas longtemps si l’un des deux partenaires est perçu par l’autre comme ne faisant pas sa part de corvées, et ce particulièrement après l’ arrivée d’un enfant. Les deux premières années de vie commune sont cruciales car c’est à ce moment-là que se négocie la répartition des tâches. Après le schéma sera établi, il sera difficile de revenir dessus, et les insatisfactions du partenaire berné pourront conduire à pas mal de disputes…

Pour que les choses fonctionnent, il faut que le couple soit d’accord dès le début sur leur vision des choses. L’étude indique qu’une bonne répartition des tâches ménagères est beaucoup plus importante pour le bonheur conjugal des femmes que pour celui des hommes. Ces derniers ne lient pas la satisfaction qu’ils tirent de leur vie de couple au partage (ou non) du tri du linge ou au passage de l’aspirateur… Pourtant, des études indiquent qu’un homme qui s’investit plus dans les tâches ménagères fait plus souvent l’amour… 🙂

Christine Castelain Meunier a rédigé « Le ménage, la fée, la sorcière et l’homme nouveau ». Elle a repéré, dans sa « typologie » des couples, quelques archétypes … Au rayon hommes: le père séparé, ultra-maniaque, qui veut prouver qu’il est plus que compétent, il en fait un peu trop dans le genre boot camp! Le fou des nouvelles technologies qui pète un câble si on effleure ses précieux joujoux (qui traînent pourtant partout) est également devenu une figure courante! Au rayon femmes: celle qui est nickel à l’extérieur, souillon à la maison! Le désordre chez soi leur redonne la liberté absente de leur vie professionnelle… L’écolo qui déteste les produits polluants est aussi un modèle en vogue!

Les amours les plus solides peuvent achopper sur un tas de chaussettes sales… Même Michelle Obama se plaint que Barack laisse traîner les siennes 🙂 Croiser (et supporter) des conceptions très différentes de l’ordre (et donc du désordre) est un classique de la vie à deux. Voici quelques cas intéressants!

“Control freak” contre rangeur raisonné : il ou elle est maniaque, du genre à aligner les épices par ordre alphabétique : cannelle, cumin, curcuma… L’autre moitié se borne à remettre chaque chose à sa place sans hystérie. L’exigence du control freak est telle qu’une transgression minime peut attenter gravement à son goût de la symétrie… On le surprend régulièrement à ranger immédiatement ce qui a servi il y a 5 minutes à peine. Que faire? Donner régulièrement à M. ou à Mme Propre un os à ronger (à ranger ?). Réorganisation des placards communs, montage d’étagères ou de nouveaux blocs tiroirs, cela peut occuper. Et distraire durablement de la vision douloureuse d’un mug qui attend sur le lave-vaisselle…

Maniaque contre bordélique confirmé: le roi, la reine de l’ordre confronté(e) au dieu, à la déesse du chaos organisé… Le goût du désordre peut être une souffrance presque morale pour celui ou celle qui y est allergique… Que faire? Que l’un(e) accepte que l’on range – un peu – à sa place pour lui montrer une nouvelle façon de vivre et l’encourager à faire de même? Des parties communes rangées et des petits ilôts de désordre négociés?

Vous reconnaissez-vous dans les « dérangés associés »? Ils ont la même conception de la dysharmonie domestique : une opération commando de temps à autre et un vaste binz le reste du temps. Ils savent en général très bien où se trouvent les clés du scooter (dans les poches de l’imper qui sèche sur le radiateur du salon depuis soixante-douze heures) ou la carte de mutuelle (sous douze factures de taxi, une plaquette de magnésium B6 et deux romans, côté gauche de la table de nuit). 
Que faire? L’instauration de zones à traiter tour à tour dans la maison devrait les aider à ne plus se laisser déborder jusqu’au point de non-retour!

Avec le partage des tâches, c’est moins de conflits, moins de stress, plus de moments sympas à deux! Quand on connaît bien les limites de chacun, tout roule enfin! Presque tout, car il reste toujours une petite scène de ménage qui se termine bien! 🙂

Christine Castelain Meunier est sociologue au CNRS et est connue pour ses travaux sur les transformations du masculin et du féminin, et du rapport à l’enfant. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages, dont « Les Métamorphoses du masculin », « L’amour en moins. L’apprentissage sentimental », « Les hommes aujourd’hui, virilité et identité » et « Pères, mères, enfants ».