Adoptons la zen attitude !

Femme-zen-attitude_format_914x400Charlotte Joko Beck a enseigné le zen, en adaptant cette philosophie orientale à notre vie occidentale. Dans ses livres Soyez Zen et Vivre Zen, elle nous indique comment intégrer la pratique spirituelle à la vie quotidienne, afin de vivre en pleine conscience, d’assumer la vie telle qu’elle se présente à nous. « Assumer le réel tel qu’il est, voilà le secret de la vie. Si, au lieu d’expérimenter directement le réel, on s’investit dans les pensées – en s’identifiant à elles – on crée un je et c’est là que les ennuis commencent. Voilà pourquoi on apprend à reconnaître et à identifier ses pensées, afin de prendre ses distances par rapport à elles, de se désinvestir. »

Dans son ouvrage Vivre zen, Charlotte Joko Beck indique que nous sommes en tension lorsque nous souhaitons satisfaire tous nos désirs, même ceux qui ne sont pas essentiels. Or, rien ne peut nous procurer un sentiment de satisfaction permanent, aucun désir ne peut être complètement et définitivement satisfait, d’où nos multiples tensions, angoisses, frustrations et déceptions… Que faire alors pour avoir une vie plus ‘satisfaisante’? « Il suffit que du matin au soir, on s’occupe d’une chose après l’autre, à fond, complètement, sans se laisser parasiter par toutes sortes de pensées. Quand on vit ainsi, on est extrêmement efficace, sans se sentir pressé. La vie coule toute seule. »

Un des grands conseils de Charlotte Joko Beck est de se donner complètement dans ce que l’on vit, dans ce que l’on fait, de prendre conscience du ‘souci de soi’ qui voile nos activités et nous empêche trop souvent de nous y adonner complètement. Il s’agit d’être totalement présent à ce que l’on dit, fait, de réagir uniquement à ce qui se présente (sans toujours vouloir tout juger ou anticiper).

« L’agir pur et simple est très rare ». On ressent presque toujours une tension, quoi que l’on fasse. Selon le zen, ce sont les tensions qui nous empêchent d’être totalement présents, totalement attentifs à ce que l’on ressent, ce que l’on fait. On s’absorbe constamment dans nos pensées, on s’immerge dans nos problèmes et on est du coup totalement absents ! On sacrifie l’instant présent pour penser à des choses qui ne sont pas forcément réelles, qui concernent le passé ou le futur, des choses qui n’arriveront peut-être jamais. Il faut donc apprendre à vivre sans ressasser ce qui nous inquiète et en ne se fixant pas sans cesse sur de ‘folles’ espérances…

Nous passons beaucoup de temps à nous plaindre de ce que la vie ne nous apporte pas. Nous estimons que les choses, les êtres, les situations que nous vivons devraient être autres, différents. Nous espérons aussi être quelqu’un de ‘mieux’, de plus ceci ou cela. De plus, nous souhaitons éviter tout ce qui nous déplaît, nous fait mal, nous irrite. Or, tous les jours, nous sommes face à des critiques, des peines, des déceptions, des choses désagréables. Pratiquer le zen, c’est non pas devenir passifs mais ne pas tenter d’éviter l’inévitable… d’y faire face plutôt, de vivre à fond, aussi dans les moments et avec les personnes désagréables afin de mettre fin à la spirale des peurs et des inquiétudes !

Charlotte Joko Beck nous parle de la joie de vivre: « La joie, c’est tout simplement ça: quelque chose se produit, je le perçois. Quelque chose a besoin d’être fait, je le fais, et puis on passe à la chose suivante, et ainsi de suite. La joie serait incessante si je ne l’interrompais pas par mon réflexe d’évaluation. » Il s’agit de profiter sans constamment juger, soupeser. On sort d’un mode de pensée réactif, on adopte un esprit ‘simple’, on cesse d’être tout le temps envahi par ses pensées. On apprend à ne pas s’apitoyer sur soi-même, à ne pas alimenter notre petit ‘mélodrame’.

La sagesse zen affirme que nous sommes déjà parfaits tels que nous sommes à l’instant, que nous avons déjà la vie qu’il nous faut… Il s’agit de prendre conscience de tout ce que l’on est et de tout ce que l’on a déjà !

Américaine du New Jersey, Charlotte Beck (1917-2011) a étudié la musique, a exercé différents métiers comme celui d’enseignante, avant de commencer à pratiquer le zen, après ses 40 ans. Désignée par son premier maître zen  comme l’un des ses héritiers spirituels, Charlotte Joko Beck s’est installée au centre zen de San Diego où elle a vécu et enseigné.