Naomi Klein, celle qui se bat contre la société de consommation

naomi-460x350Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller international No Logo. Naomi Klein est née en 1970 à Montréal. Elle a débuté sa carrière de journaliste au Toronto Star, où elle publiait des articles sur le monde du travail et le marketing.

Son dernier ouvrage This changes everything, c’est sa contribution à la lutte contre le changement climatique. Voici ce qu’elle déclare: « Climate change is a civilizational wake-up call, a powerful message delivered in the language of fires, floods, storms, and droughts. Confronting it is no longer about changing the light bulbs. It’s about changing the world – before the world changes so drastically that no one is safe. »

Naomi Klein a dressé un état des lieux de la société de consommation dans son livre No Logo, dans lequel elle affirme: « Aujourd’hui, le village est « planétaire », l’adolescent « mondial » est la société de consommation dominée par les marques. Les espaces publicitaires traditionnels qu’elles se sont de tout temps montré promptes à coloniser – panneaux d’affichage, télévision, cinéma, presse écrite – sont désormais devenus trop restreints pour des logos frappés d’expansionnisme galopant. En plantant leurs drapeaux sur des territoires jusqu’à présent vierges de toute publicité, en substituant au simple objet de consommation une image capable de le faire accéder à la dimension de mythe, les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l’économie de nombreux pays.

Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l’art de bafouer les droits de l’homme : l’esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l’urgence d’une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s’organisent sur l’Internet : ils veulent récupérer l’espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d’acheter des produits pour lesquels d’autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois même du sang.

Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l’ont prouvé : il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques. »

Approfondissant la réflexion militante entamée avec No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, « l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. »

Changer le monde, c’est d’abord tenter de le comprendre… et rester vigilant, sans tomber pour autant dans le total pessimsime ou fatalisme…