Françoise Gillard, la grâce à la Comédie-française…

326122_34Françoise Gillard et moi avons au moins trois points communs: elle est Belge, née en 1973 et grande amoureuse du théâtre ! Elle s’en souvient peut-être… Nous nous étions rencontrées à Bruxelles chez des amis, avant qu’elle parte vivre à Paris…

Quel est son parcours? En 1991, elle entre au Conservatoire royal de Bruxelles dans la classe de Pierre Laroche. Jean-Pierre Miquel lui propose de jouer le rôle de Thomasina Coverly dans Arcadia de Tom Stoppard, mis en scène par Philippe Adrien, au Théâtre du Vieux-Colombier (1997). Elle devient pensionnaire de la Comédie-Française le 1er novembre 1997, et la 507e sociétaire de la troupe, le 1er janvier 2002. Françoise Gillard fait son entrée Salle Richelieu, dans une œuvre de Molière, en interprétant le rôle d’Henriette dans Les Femmes savantes, mises en scène par Simon Eine (1997). Les rôles d’Alexandra Ivanovna dans Platonov de Tchekhov, mise en scène de Jacques Lasalle, d’Elvire dans le Don Juanmis en scène par Jacques Lassalle, et de Roxanne dans le Cyrano mis en scène par Denis Podalydès, sa magnifique interprétation du rôle-titre de l’Antigone de Jean Anouilh lui valent la consécration publique.

Au cinéma aussi, on peut retrouver Françoise Gillard notamment dans Ca ira mieux demain, dans Pas sur la bouche, dans Le Parfum de la dame en noir, dans Les Amitiés maléfiques.

Que représente le titre de sociétaire de la Comédie-française? Ce titre est donné comme signe de reconnaissance par le comité d’administration qui est composé entre autres de sociétaires. Il est le signe que vous pouvez assumer un premier rôle et tenir sur vos épaules la responsabilité d’une création. En l’endossant on devient « actionnaire » de la société des comédiens français, c’est un acte que l’on signe devant un notaire!

Était-ce un de ses rêves ou objectifs de devenir sociétaire? « Pas du tout. Je suis belge et dans notre pays, la Comédie-Française ne fait pas partie de notre culture. J’ignorais le fonctionnement de cette grande maison, je savais juste que c’était la maison de Molière. Mon rêve était juste d’avoir la chance de faire mon métier et de pouvoir en vivre, je ne savais pas que ma passion me mènerait dans cette troupe. J’ai d’ailleurs demandé réflexion après la proposition de Jean-Pierre Michel qui était administrateur à l’époque. Souvent je mesure l’impertinence de ma demande face à une telle proposition. »

Est-ce difficile de vivre de son art? « Vivre, nous en vivons, nous les comédiens de la troupe. Nous ne serons jamais riches le comédien de la Comédie-française est mensualisé ce qui est une grand luxe, même si on ne joue pas, on reçoit un salaire, ce qui enlève de la tête, la peur du lendemain. Cependant on n’est pas comédien à vie dans cette maison et notre inquiétude réside souvent dans le fait d’y rester ou pas.

Quelle est sa vision en tant que Belge? « Je pense que la Belgique par sa petitesse est un pays qui a toujours cherché à s’ouvrir sur l’extérieur et qui est donc plus novateur, peut-être que les artistes ont moins peur de prendre des risques, l’égo y est peut-être moins développé?! Je pense aussi au cinéma belge qui possède une vraie identité et j’aime énormément le cinéma qui se fait chez nous. Je le trouve plus humain, plus profond, plus abouti que le cinéma de certains réalisateurs français. »

Déplaçons-nous pour voir des spectacles « vivants », des comédiens et comédiennes qui se donnent corps et âme pour nous faire vibrer et nous enchanter! Entendre une planche de bois qui craque sous les pas de personnages d’hier et d’aujourd’hui, cela n’a pas de prix… Et de spectateurs devenons nous aussi des actrices et acteurs de nos vies! 🙂