Niki de Saint Phalle, ses oeuvres nous célèbrent et nous en imposent !

Niki-de-Saint-PhalleNée en France, Niki de Saint Phalle (1930-2002) a ensuite suivi sa famille aux Etats-Unis. Fortement perturbée par un père incestueux, elle travaille d’abord comme mannequin pour ‘Vogue’, ‘Life’ et ‘Elle’. Puis elle débute sa carrière artistique. ‘Les tirs’, performances durant lesquelles des spectateurs sont invités à tirer à la carabine sur des poches de couleur, éclaboussant ainsi des assemblages de plâtre, la rendent célèbre. Elle intègre alors le cercle des « nouveaux réalistes », jouant le rôle de médiatrice entre les avant-gardes française et américaine. Elle crée des ex voto, puis des ‘Nanas’, femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester. Ses oeuvres plus tardives comme la ‘Fontaine Igor Stravinski’ à Paris, le ‘Jardin des Tarots’ en Toscane, ou les ‘Meta-Tinguely’ en hommage à son mari disparu, mêlent poésie et humour, esprit du jeu et angoisse. Niki de Saint Phalle succombe à une maladie respiratoire liée aux vapeurs toxiques inhalées durant la préparation de ses œuvres.

niki-de-saint-phalle-with-her-sculpture-1983_main_image

C’est la joie qui éclate dans le royaume de Niki de Saint Phalle, tout de fantaisie et de liberté pour se réapproprier son destin, puiser ce que bon lui chante dans les courants qui l’ont inspirée (trecento, Pollock, Dubuffet, Matisse). Couleurs franches, formes hypertrophiées, utopie pleine d’humour, combats sociaux et politiques, renversement des conventions qui donnent le pouvoir aux femmes pour mieux le rendre à tous.

afficheniki2

Le Grand Palais organise jusqu’en février 2015 la plus grande exposition consacrée à cette artiste depuis vingt ans et un nouveau regard est porté sur son travail. Place à l’art qui parle directement au public, faisant appel à sa sensibilité, titille ses peurs et ses dégoûts comme les contes de l’enfance…

Je lui laisse le mot de la fin: «Je veux être supérieure: avoir les privilèges des hommes et en plus garder ceux de la féminité tout en continuant à porter de beaux chapeaux.»