Que cessent les stérilisations sauvages !

pt16551La stérilisation est l’une des méthodes les plus répandues de planning familial en Inde, où nombre d’États organisent des opérations de masse visant généralement les femmes des zones rurales. Il s’agit en théorie d’une démarche volontaire mais selon des ONG, les femmes sont souvent peu informées et soumises à de fortes pressions de la part d’employés des gouvernements locaux. Pour chaque femme volontaire, l’Etat accorde 1 400 roupies, soit à peine 20 euros. Les ONG dénoncent les conditions d’hygiène souvent déplorables dans lesquelles ont lieu les opérations.

L’ONG Human Rights Watch estime que l’Inde a un lourd passé de décès dus à une stérilisation, en partie parce que les employés du secteur de la santé sont poussés à recruter à tout prix des femmes pour remplir des objectifs mensuels «informels», souvent en dépit de la sécurité.

Car dès 1970, cette politique avec des objectifs chiffrés pour les agents de santé chargés de recruter les volontaires a été mise en place par l’Etat central. Théoriquement, ces pratiques n’ont plus lieu mais un rapport de l’ONG Human Right Watch, paru en 2012, évoquait en effet des menaces contre les services de santé s’ils ne remplissaient pas ces objectifs sur la contraception, soit plus de 50 stérilisations par jour.

Le contrôle des grossesses est un défi important pour l’Inde et ses 1,25 milliard d’habitants. Son taux de fécondité est passé de 4 à 2,50 enfants par femme depuis la fin des années 80, grâce à une politique de planning familial agressive et même controversée. Sous le gouvernement d’Indira Gandhi, dans les années 1975 à 1977, plusieurs scandales de stérilisation forcée ont éclaté. Jusqu’à 1996, l’Etat central appliquait des objectifs chiffrés de contraception. La stérilisation féminine reste aujourd’hui encore la méthode utilisée par un tiers des femmes qui ont recours à la contraception. Dans le monde, une femme stérilisée sur trois est indienne.

En 2012, l’ONG Human Rights Watch avait exhorté, dans un rapport, le gouvernement à mettre en place un système d’alerte indépendant pour faire remonter toutes les informations concernant des stérilisations forcées et de mauvaises conditions d’hygiène dans les centres. Elle recommandait aussi au gouvernement de mieux former les fonctionnaires chargés de conseiller les hommes en matière de choix de contraception, des recommandations encore peu suivies.

Le programme de planning familial en Inde est essentiellement centré sur les femmes et les experts estiment que la stérilisation des hommes n’est pas acceptée socialement.

Nous pouvons faire progresser cette situation et beaucoup d’autres en soutenant Human Rights Watch: http://www.hrw.org