Magaly Nelli, le vintage dans la peau !

sans-titreMagaly Nelli a créé Vintagemarket.be, un site dédié à l’univers du … vintage évidemment ! Je reprends ci-dessous une interview qu’elle a accordée à … monsieurvintage.com ! Pourquoi avoir créé ce site? « J’aurais voulu grandir dans les années 60-70. Bercée par les années 90, ma période musicale rétro préférée reste pourtant les années 70. J’aurais adoré vivre Woodstock – à un bémol près pour le port généralisé du ‘patte d’eph’. Et personnellement, je suis très fan de déco style scandinave des années 50. Le bois très présent. Des lignes épurées et robustes. Une décoration fonctionnelle sans être ennuyante. Et côté mode, les petites robes courtes évasées style Courrèges restent une valeur sûre plus de 50 années plus tard. »

Quel est votre parcours ? « Je suis issue du monde de la communication ! Je travaille depuis 2001 en tant que chargée de communication et j’ai multiplié les expériences dans les secteurs associatif, public et privé. Je suis polyvalente et de nature curieuse. Ma fonction m’amène à jouer les femmes-orchestres tout au long des projets que je coordonne, que ce soit en web, événementiel ou sur les réseaux sociaux ! Et aujourd’hui, je travaille pour une entreprise active dans la grande distribution alimentaire. »

Comment vous est venue l’idée du site VintageMarket ? « Cette idée m’est venue un peu par hasard. En freelance depuis quelques années, l’idée de monter un projet qui me tient à cœur me taraudait déjà depuis quelque temps. En mode veille quant aux opportunités possibles, je me suis intéressée à la filière du vintage qui gagne en popularité ces derniers temps. N’y connaissant a priori rien au secteur de la seconde main, j’ai observé à la fois comment la filière est organisée en Belgique et comment elle communique/distribue sur internet.

Je me suis vite rendue compte que très peu (à peine 10 % selon mes recherches) de vendeurs professionnels spécialisés dans le vintage disposait d’une communication digitale structurée, voire même de leur propre site web. Par contre, en faisant une étude de marché hors frontières, je suis tombée sur des modèles de place de marché existant : en Australie, au Canada voire plus proche de chez nous, aux Pays-Bas. Par exemple, le site australien – vintagemarketeplace – a nourri ma réflexion, tout comme le mastodonte asos. Le défi ? Fédérer la communauté de vendeurs vintage sur internet. Comment ? En capitalisant les ressources pour se donner du poids pour le référencement et en minimisant les coûts de maintenance avec une plateforme commune, tout en proposant un catalogue spécifique d’articles vintage authentiques, articles qui aujourd’hui sont généralement noyés dans la masse de produits disponibles sur les populaires ebay ( ou encore deuxième.be pour la Belgique). Voilà ! Sur papier, le concept VintageMarket était né !

VintageMarket répond à quel un besoin? « Je suis partie de l’hypothèse d’un double besoin. D’une part, celui des vendeurs professionnels de disposer d’un outil de vente approprié pour mettre leur catalogue en valeur. Les professionnels qui tentent l’aventure du e-commerce, par faute de compétences et de moyens, commencent en général sur un site comme Ebay,plateforme orientée particuliers et peu adaptée aux besoins d’un professionnel. D’autre part, les chineurs exigeants ont eu aussi un besoin ! Celui de trouver facilement les pièces prisées. Vintagemarket.be s’adresse donc à cette communauté avertie qui aime les pièces vintage authentiques, qui apprécie la patine d’un beau meuble qui a vécu, qui aime adopter un vêtement qui a traversé les âges, préservé dans une matière de qualité et qui devient unique en défiant l’assortiment massif des grandes chaînes. »

Vous indiquez sur votre site des produits 100% original, pourquoi ? « Dans la définition du projet, j’ai dû me poser un certain nombre de questions pour baliser le business model. Et le caractère authentique me tenait personnellement à cœur. Les sites de rééditions de pièces de mobilier vintage à succès ne manquent pas. Aussi, pour ne pas se retrouver à terme avec un site e-commerce qui brasse une multitude d’articles en tout genre, c’est le fil conducteur qui m’a paru indispensable. Cela peut paraître limitatif pour certains mais c’est, selon moi, gage de qualité du catalogue proposé.

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Votre sentiment à propos de ce retour sur ces valeurs ? « Il est légitime. La baisse du pouvoir d’achat et le souci de consommation raisonnée poussent les consommateurs à revoir leurs habitudes. Le recyclage touche aujourd’hui tous les domaines, y compris la mode. On peut se soucier de son environnement et de son apparence tout en se préoccupant de son portefeuille. On le constate, le phénomène de « friperie » voit aujourd’hui un regain d’intérêt auprès de populations variées. De la mère de famille qui rachète des vêtements de seconde main pour ses jeunes enfants pour la rentrée scolaire, en passant par la fashionista qui change de garde-robe régulièrement en achetant ‘récupération’ auprès de son réseau pour ne pas se ruiner, et l’écolo dans l’âme qui chine chez Oxfam dès que possible… Cibler le vintage authentique est selon moi un bon compromis pour consommer de façon plus raisonnable sans sacrifier ni son portefeuille, ni son sens de l’esthétisme. »

Une différence entre le vintage et la nostalgie ? « La nostalgie est inconditionnelle. Le vintage est teinté de nostalgie, forcément, mais il est plus codifié. La frontière entre le vintage, l’antique et l’art déco, ce sont les codes qui définissent ces périodes. Il se fait que la génération des 35-50 ans actuelle est nostalgique de vintage. Ce sont des objets que nous avons connu chez nos grands-parents, qui sont synonymes de moments d’insouciance et de réunions de famille. On retourne forcément volontiers dans ces années-là ! »

Vous, Magaly êtes-vous plutôt vintage ou nostalgique ? « Je dirais vintage, pas trop nostalgique. Je ne sors pas de chez moi déguisée en personnage de la série de Mad Men. Je ne mange pas dans de la vaisselle en plastique orangé. Je n’ai pas non plus recouvert mes murs de tapisseries psychédéliques. Définitivement pas nostalgique à tout prix ! »

Si vous deviez définir le vintage ? « Exercice difficile car le revers de la médaille de sa popularité croissante est un certain côté fourre-tout. Mais selon moi, le vintage reste une philosophie de vie avant tout. Comme un hommage au passé pour un avenir plus serein. »