Corine Sombrun, les tribulations d’une chamane à Paris…

images6PILN927Corine Sombrun a fait des reportages de par le monde pour BBC World et a publié plusieurs livres dont Journal d’une apprentie chamane. Elle est passionnée par les mondes autochtones et le dialogue interculturel. Reconnue par les chamans de Mongolie comme l’une des leurs, Corine Sombrun est à l’origine du premier protocole de recherche sur la transe chamanique mongole étudiée par les neurosciences. Corine Sombrun se fait la plume d’Almir Narayamoga Suruí afin de raconter l’histoire d’un peuple et le destin d’un homme devenu représentant de la cause des Indiens Suruí et de la sauvegarde des ressources naturelles de la planète. Interlocuteur direct auprès du gouvernement, son combat contre la déforestation a fait de lui l’ennemi de nombreux exploitants forestiers, qui ont mis sa tête à prix.

Le récit, lettre ouverte d’Almir Suruí à ses enfants, au cas où il serait assassiné, alterne entre son parcours personnel, l’histoire et les traditions de son peuple, les « Paiter Suruí », qui ont façonné sa lutte pour la préservation de la forêt amazonienne. En 1992, à dix-sept ans, Almir Suruí est devenu chef de son clan. Il a été le premier Suruí à faire des études à l’université. Diplômé de biologie, Almir s’est engagé dans la défense de ses terres ancestrales contre colons et déforesteurs, qui en 2007, ont placé un premier contrat de 100 000$ sur sa tête. Soutenu par une ONG écologiste, il a pu se réfugier en Californie où il a souhaité rencontrer les dirigeants de Google et leur présenter son projet : utiliser Google Earth pour montrer la détérioration galopante de la forêt amazonienne, ses conséquences pour l’environnement de la planète tout entière et celles, plus immédiates, pour les 400.000 Indiens du Brésil qui y vivent encore. Almir Suruí sillonne aujourd’hui la planète, prenant part à de nombreuses conférences internationales sur le changement climatique et le développement durable. Il travaille également à présenter son projet de compensation carbone. Parce que la forêt amazonienne est le plus grand réservoir de biodiversité au monde avec 390 milliards d’arbres et 16.000 espèces animales différentes, Almir Suruí demande aux plus gros pollueurs d’acheter des créditscarbone qui pourraient permettre de financer la protection de la forêt amazonienne.

Quel est le parcours de l’auteure Corine Sombrun? Elle a passé son enfance en Afrique au Burkina Faso. De retour en France, elle s’est consacrée à des études de Musicologie, piano et composition. Lauréate de concours nationaux et internationaux, elle obtient une bourse de l’Office Franco Québécois pour la Jeunesse et part étudier à Montréal. En 1999, elle s’installe à Londres, où elle travaille comme pianiste et compositrice. Puis elle fait des reportages pour BBC World Service. En 2001, au cours d’un reportage en Mongolie, le chamane Balgir lui annonce qu’elle est chamane. Dans cette région du monde, les chamanes accèdent en effet à la transe grâce au son d’un tambour spécifique. Un son auquel, lors de cette première expérience, elle réagit violemment, jusqu’à perdre le contrôle de ses mouvements. Pour Balgir, elle a bien les capacités chamaniques et «sa voie» dit-il, sera de suivre leur enseignement pour les développer. Elle va ainsi passer plusieurs mois par an à la frontière de la Sibérie, auprès de Enkhetuya, chamane de l’ethnie des Tsaatans, chargée de lui transmettre cette connaissance. Après huit années d’apprentissage, elle devient la première occidentale à accéder au statut de Udgan, terme mongol désignant les femmes ayant reçu le «don» puis la formation aux traditions chamaniques mongoles. En 2002, elle publie le premier récit de ses aventures, Journal d’une apprentie chamane. Suivront, Une parisienne en Mongolie, Dix centimètres loi Carrez, Les tribulations d’une chamane à Paris, Sur les pas de Geronimo, et Les esprits de la steppe.

En 2005, elle part au Nouveau Mexique rencontrer Harlyn Geronimo, medicin-man et arrière petit-fils du célèbre guerrier Apache. Selon une légende Apache en effet, ce peuple serait originaire de Mongolie. Ensemble, ils vont échanger leurs connaissances respectives sur les traditions Apaches et Mongoles et faire un voyage-pèlerinage jusqu’aux sources de la Gila, le lieu de naissance de Geronimo. De ces mois de complicité va naître l’idée du livre Sur les pas de Geronimo, l’histoire de cette rencontre et l’unique récit de la vie de Geronimo, racontée par l’un de ses descendants directs.

Grâce à son expérience dans la pratique de la transe et à sa capacité à l’induire par la seule volonté, elle collabore avec le Dr Etevenon, Directeur de recherche INSERM honoraire, qui l’a mise en relation avec différents chercheurs dont le but est de découvrir les mécanismes physiologiques liés à cet état de Transe (Etat de conscience volontairement modifié) et son influence sur le fonctionnement des hémisphères cérébraux. Les premiers résultats ont montré que cette transe chamanique, dont les mécanismes d’action sur le cerveau restent inconnus, modifiait effectivement les circuits du fonctionnement cérébral. En repoussant les limites des connaissances actuelles, ces résultats ont ouvert de nouvelles perspectives et sont à l’origine du premier protocole de recherche sur la transe chamanique mongole étudiée par les neurosciences…