Les filles plus douées à l’école et moins douées dans la vie active ?

235862-parite-et-si-tout-se-jouait-des-lecole-primaire--622x0-1Cela fait des années que des statistiques indiquent que les filles réussissent mieux à l’école que les garçons, qu’elles sont plus studieuses, qu’elles redoublent moins, décrochent moins, sont scolarisées plus longtemps et sont plus diplômées. MAIS que se passe-t-il après l’école et les études… ?

Une étude de l’OCDE explique la différence entre les filles et les garçons dans leur scolarité par des différences de comportements, d’engagement vis-à-vis de l’école, d’activités privilégiées par les uns et les autres en dehors du temps scolaire. Par exemple, les garçons de 15 ans consacrent en moyenne une heure de moins par semaine que les filles aux devoirs. Ils passent en revanche plus de temps devant Internet, les ordinateurs et les jeux vidéos ; ils lisent moins. Il leur arrive plus souvent de sécher les cours et d’arriver en retard.

L’OCDE met en avant le poids des stéréotypes sociaux. « Pour de nombreux garçons, il n’est pas socialement acceptable de montrer leur intérêt pour le travail scolaire, peut-on lire dans le rapport. Ils s’approprient un modèle masculin véhiculant le non-respect de l’autorité, du travail scolaire et de la réussite dans le cadre institutionnel. Pour ces garçons, il n’est tout simplement pas « cool  » de réussir à l’école. »

Le gros point fort des filles est la lecture. Pour le chercheur Egide Royer, spécialiste de la question, l’apprentissage de la lecture est pourtant le «facteur le plus important d’échec scolaire». « Or, souligne-t-il, c’est en lecture que la différence est la plus marquée entre les deux sexes. Les garçons consacrent moins de temps à lire que les filles ; ils disent préférer regarder la télévision et considèrent souvent la lecture comme une activité féminine. » En entrant dans l’âge adulte, les garçons peuvent compenser leur retard «dans le cadre professionnel et par leur expérience personnelle», souligne l’OCDE. Ses enquêtes sur le niveau de compétences des adultes en compréhension de l’écrit ne montrent aucune différence significative entre les hommes et les femmes.

En France, dès la seconde, 42% des filles font le choix d’un enseignement d’exploration aux profils lettres, langues et arts, contre 22% des garçons. Ces derniers sont en revanche plus nombreux (72%) à choisir des options scientifiques ou technologiques (contre 52% des filles). A l’université, plus de 70% des étudiants en lettres et en langues sont des femmes ; elles sont en revanche moins de 30% en sciences fondamentales et en sciences et techniques des activités physiques et sportives.

Ce qui ressort à mes yeux de toutes ces informations, c’est que malgré de belles aptitudes scolaires, les filles – par manque de confiance ou d’inspiration ? – s’orientent toujours vers des filières qui sont – à tort ! – moins valorisées socialement et financièrement. On peut se demander à quoi bon être si douées à l’école si c’est pour avoir une vie active moins valorisée et valorisante par la suite ! C’est cool de réussir à l’école ET dans sa vie professionnelle, non ?!

Montrons aux garçons que nous, les filles, nous ne sommes pas que ‘sages’ à l’école, nous sommes aussi pleines de sagesse dans la vie active, et de la sagesse, on en a drôlement besoin de nos jours !