Aurélie Dupont, sacrée danseuse étoile !

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Aurélie Dupont est née en 1973. A l’âge de 16 ans, elle quitte l’école de danse de l’Opéra de Paris pour intégrer le corps de ballet. «Une libération !Il y avait beaucoup de méchanceté de la part des professeurs, je n’en pouvais plus. D’abord parce que certains professeurs étaient des adultes frustrés et méchants, mais surtout parce que c’est moi qui allait enfin gérer mon corps, mon temps et mon travail. A cet âge-là, c’est une grosse responsabilité de ne plus avoir les professeurs derrière soi, mais je me sentais prête. »

« J’ai vite saisi que le prix à payer pour devenir danseuse à l’Opéra était de souffrir, parfois jusqu’à avoir les pieds en sang. J’ai beaucoup travaillé ma technique, et à 21 ans, je me suis prouvée que je valais quelque chose en me confrontant à d’autres danseurs au concours international de ballet de Varna. J’ai remporté la médaille d’or, et cela a eu pour effet de prouver que mon choix de carrière était le bon à mon père, un professeur de médecine qui ne croyait pas jusqu’alors que la danse pouvait être ma voie. Depuis, il vient me voir à l’Opéra, et je crois qu’il adore cela. »

La chorégraphe Pina Bausch l’a choisit pour interpréter Le Sacre du printemps sur la musique d’Igor Stravinsky. « Elle m’a fait renaître. J’étais devenue un monstre technique, une danseuse froide.» La chorégraphe lui dit qu’elle l’a choisie «pour ses faiblesses, pas pour sa force». Déclic. Aurélie Dupont lâche prise. «Je ne dansais plus avec mes jambes mais avec mon âme.»

En 1998, lors de la représentation de Don Quichotte, chorégraphié par Rudolf Noureev, Aurélie Dupont est nommée étoile!

Quel est le quotidien d’une danseuse étoile? « Certains matins, vous vous sentez en pleine forme et vous vous dites : «Je vais assurer comme une bête». Et une fois au studio, le musicien ne joue pas très bien, les danseurs ne sont pas bons, vous avez mal physiquement, vous travaillez mal, et rien ne se passe. D’autres fois, vous arrivez au cours en ayant du mal à marcher, mais la fatigue vous fait lâcher prise, votre corps se réveille doucement, l’énergie, les gestes et les regards sont justes, et vous vivez un truc magique. Je suis contente de me lever tous les matins en me demandant ce qui va se passer. »

Aurélie Dupont est mariée à Jérémie Bélingard, un danseur, également chorégraphe et musicien. « La chose essentielle, c’est qu’il comprend le fait que je n’ai pas de week ends, que je ne sois pas libre pendant les vacances scolaires pour nos deux enfants, qu’il m’arrive de partir danser au Japon pendant mes vacances, qu’un danseur ne se repose jamais vraiment. Dans mes relations de couple précédentes, je passais pour une extra-terrestre : mes partenaires ne comprenaient pas que je travaille autant, et cela devenait pesant au bout d’un moment. »

Aurélie Dupont arrête aujourd’hui sa carrière de danseuse étoile, elle a l’âge auquel une danseuse de ce niveau prend sa « retraite ». Que fera-t-elle ensuite? « J’ai envie de donner des cours aux femmes : leur apprendre la technique des pointes, leur montrer comment prendre de l’assurance et être belle en scène. »

Un peu après la 5ème minute ci-dessous, c’est vertigineux… un baiser, une envolée, le mot ‘enlacés’ dévoilé…

Cédric Klapisch lui a consacré un film: