Amy Winehouse

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Voilà une voix qui restera pour moi un coup de coeur et un coup de poing à la fois… Dès ma première écoute, j’ai été fascinée. Je me suis dit « Mais qui est donc cette chanteuse hors normes? » Je l’imaginais black et bien au-delà des 40 ans…

Depuis que j’ai vu le film qui lui est consacré – chapeau bas au réalisteur Asif Kapadia ! – j’ai mieux pris conscience de tout ce qui peut se ‘cacher’ derrière un tel succès, du prix à payer pour disposer d’un tel talent… Amy Winehouse, avant d’avoir vu le film, c’était pour moi une chanteuse divinement jazzy, qui me semblait avoir une âme ‘vieille’ dans un corps si jeune et si fluet que cela me semblait presque irréel. Je n’avais pas suivi sa vie privée, je l’ai souvent écoutée en boucle et j’ai succombé, comme tant d’autres, à son charme envoûtant.

Le film Amy, c’est à la fois un hommage – n’oublions pas cette artiste hors du commun ! – et une œuvre troublante car combien de fois on croirait qu’Amy ‘joue’ littéralement sa vie devant nos yeux. Comme si elle se dédoublait pour devenir un personnage, or c’est sa ‘vraie’ vie qui est à l’écran car ce sont des vidéos filmées par ses proches mises bout à bout qui nous la révèlent. Malgré tout elle reste une énigme.

Amy explique que ses souffrances et états d’âme, elle les transforme en autant de bonnes ondes grâce à la musique qu’elle a clairement dans la peau, des morceaux qui deviendront, malgré elle, des tubes qui la rendront … trop célèbre ? Juste ‘trop’ pour avoir le droit à une vie privée, à des personnes bienveillantes autour d’elle? J’ai eu le vertige quand dans le film, on se sent littéralement à ses côtés quand elle reçoit un de ses premiers grands awards face à une salle bondée de stars, toutes victimes consentantes du ‘star system’ bien rodé. J’ai eu l’impression de vaciller avec elle…

Amy serait-elle devenue Amy Winehouse sans une mère dépassée, un père absent, un repérage précoce par un label, les fortes doses d’alcool et de drogues, et surtout sans un amoureux on ne peut plus toxique, mais qui la faisait tant vibrer… Amy aurait-elle écrit de si belles choses si elle avait eu une vie harmonieuse, sereine et douce? Cruel débat…

Dans son duo avec Tony Bennett, une icône pour elle, j’ai l’impression d’entendre un mélange des voix de Billie Holiday, d’Ella Fitzgerald, de Sarah Vaughan, de toutes ces grandes ladies du jazz avec qui Amy partage un sacré point commun: la capacité d’exprimer avec leur voix tous leurs tourments – et leurs joies aussi – intérieurs. Amy pouvait tout chanter: jazz, soul, reggae, motown, pop, tout lui réussissait !

Comme c’est difficile de regarder le film en sachant que nous assistons à la chute de plus en plus irréversible d’une personne aussi passionnante et passionnée. Comme c’est difficile en tant que chanteuse – d’un niveau très amateur ! – moi-même de jazz de voir un parcours foudroyé quand un tel talent jaillit littéralement d’une personne. Comme c’est difficile de regarder ce film en tant que maman et de se rendre compte à quel point une mère, une grand-mère, un père influencent leur enfant. Difficile d’imaginer qu’en une vie si brève, on puisse flirter tant avec tous les excès et extrêmes.

Chère Amy, j’ai appris dans le film que tu voulais avant tout être considérée comme une chanteuse de jazz, c’est ainsi que je t’ai découverte et c’est ainsi que je continuerai à t’apprécier, une chanteuse et poète, toi qui as si bien traduit en mots ce que tu as ressenti. I hope you have found peace…