Vana Kam, une marque éthique, solidaire, made in India !

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Vana Kam, c’est une marque de prêt à porter responsable qui encourage l’artisanat indien en créant des collections limitées. C’est lors d’un séjour prolongé de deux ans en Inde du Sud qu’Elisa Vétillard, la créatrice de la marque, a découvert la broderie traditionnelle indienne: « C’est en 2009, que je découvre l’Inde pour la première fois lors d’un séjour de plusieurs mois à New-Delhi et dans le nord du pays. La surprise est totale ! Tout me bouleverse dans ce pays où je perds tous mes repères. Les couleurs, les saris, les épices, la foule, c’est la vie dans toute sa puissance ! Tranquillement le charme opère. Puis de retour en France, cette envie de voyage et de « culture choc » ne me quitte  pas . . . et c’est finalement en 2013 que je m’envole de nouveau vers ce pays aux milles couleurs, direction les terres chaudes du sud au Tamil Nadu : Chennai, ma ville d’adoption ! Passionnée de voyages, d’artisanat et de mode, je visite plusieurs fabriques de tissus et ateliers de broderie. Je découvre la beauté du travail à la main, plus particulièrement la technique de broderie aari, ce savoir-faire Indien que l’on se transmet de « père en fils. » Vana Kam est une marque solidaire puisque pour chaque achat, 1 euro est reversé à une ONG indienne.

Je reprends ci-dessous une interview de Elisa Vétillard, créatrice de Vana Kam, disponible sur femininbio.com:
Comment décide-t-on de quitter son pays natal pour partir vivre en Inde ?
Grâce à mes études en école de commerce, j’ai eu l’occasion de partir à l’étranger. J’ai immédiatement opté pour l’Inde, car ce pays me fascinait. C’est ainsi qu’à 21 ans, je suis partie seule une première fois. Ça a été six mois formidables. A mon retour, j’avais encore énormément de questions sur ce pays fascinant. Quand je ferme les yeux et que je pense à l’Inde, je vois des couleurs, du jaune, du rouge, du rose, du violet, de la vie. A l’été 2013, grâce à une opportunité professionnelle, mon mari et moi sommes partis vivre à Chennai, en Inde du Sud.
Comment votre projet est-il né ?
J’ai toujours eu une âme d’entrepreneur, mais je n’avais jamais eu le courage de me lancer. L’Inde est un pays tellement vivant qu’il donne le sentiment que tout est possible. Il m’a permis de renouer avec mes passions : la couture et l’artisanat. Les tissus et les savoir-faire locaux m’ont beaucoup inspirée.
J’ai visité des fabriques de tissus, des ateliers de broderie, puis je me suis remise à coudre progressivement. Au fil de mes rencontres, l’idée est venue de faire découvrir cet artisanat indien à la France et de l’adapter à une vie plus occidentale. J’ai réalisé une première collection qui a été bien accueillie par les expatriées.
En France, aucune marque ne propose du prêt-à-porter brodé à la main. Les broderies sont à la mode, mais elles sont faites soit à la machine, soit par des créateurs de luxe. J’ai donc décidé de créer la marque VANA KAM.
Aviez-vous vocation à devenir créatrice de mode ?
Depuis toute petite, je dessine des vêtements, je couds, j’aime les arts créatifs. Mais je n’ai jamais fait d’études de stylisme. Mes études de communication m’ont permis de voyager. Avant de retourner en Inde, je travaillais dans le marketing et la communication. Il y avait une réelle distinction entre ma passion et ma vie professionnelle. L’Inde a été l’occasion pour moi de réaliser mon rêve de petite fille.
Avec VANA KAM, souhaitiez-vous montrer que le savoir-faire indien et la mode citadine occidentale se marient très bien ?
En Inde, la broderie est utilisée pour embellir les vêtements. Par exemple, lors d’un mariage, la femme achète un beau sari et le confie à un brodeur. Il rajoute des perles, des paillettes, etc. Ces
broderies aux formes arrondies sont très colorées.
Les broderies des vêtements VANA KAM sont créées selon la technique Aari. Je dessine les broderies selon mes propres goûts, plus sobres et plus occidentaux, pour embellir mes créations. Les dessins sont davantage dans le ton sur ton, dans les formes géométriques. Si le style n’est pas indien, la technique l’est.
Pourquoi avoir appelé votre marque de vêtement VANA KAM ?
En tamil, VANA KAM signifie « bonjour » ou « bienvenue ». Je cherchais un nom pour ma marque et celui-là me plaisait. Je l’ai repris et en ai modifié l’orthographe pour l’adapter au français. Mon choix fait beaucoup rire les personnes avec qui je travaille. Pour eux, cela revient à appeler une marque « Bonjour ». VANA KAM est aussi un clin d’œil à l’Inde : c’est grâce à ce pays que j’en suis arrivée là !
VANA KAM est une marque éthique, par quoi cela se traduit-il ?
VANA KAM est une marque responsable dont la production reflète les valeurs humaines. J’ai choisi de faire produire mes vêtements par deux petits ateliers situés à Pondichéry. Mes broderies sont réalisées par « Artisan« , une association qui forme les femmes à la broderie. En Inde, ce savoir est réservé aux hommes, mais l’apprendre aux femmes permet de les rendre plus autonomes. Les vêtements sont ensuite cousus dans un autre atelier tenu par une Européenne, qui fait attention aux conditions de travail de ses salariés. C’est une question très importante pour moi.
D’ailleurs, c’est aussi pour cela que j’ai choisis de produire mes créations en petite quantité. Pour une brodeuse, réaliser 200 ou 300 fois la même broderie est beaucoup moins ludique. Acheter un vêtement VANA KAM, c’est acheter une création que tout le monde ne portera pas. Avec une même forme de tee-shirt ou de broderie, je peux jouer avec les couleurs et les tissus. Je peux décliner un modèle à volonté. Pour l’instant ce mode de production est tout à fait cohérent et je préfère renouveler mes designs régulièrement.
Chaque création que vous vendez rapporte un euro au programme VANAKids. De quoi s’agit-il exactement ?
En Inde, je me suis investie dans Sistwa, une association qui recueille une centaine d’enfants orphelins ou issus de familles Gypsy. Elle leur offre une scolarité, à manger et un endroit où dormir.
Ces enfants sont plein de vie et très attachants. Chaque semaine, j’organisais des ateliers créatifs, je leur ai appris à broder, à faire des doudous, etc. C’était une façon de leur offrir un enseignement, mais aussi de jouer avec eux, de leur apporter de l’affection. J’ai proposé à la direction de l’association de continuer à les aider après mon retour en France. Nous avançons ensemble sur des projets concrets. En ce moment, ils ont besoin d’une machine à laver ; je sais que l’argent que je leur reverserai servira à son financement. Les inclure dans ce projet était une chose qui me tenait vraiment à cœur.
Votre collecte de crowdfunding sur Kisskissbankbank a été un succès. Comment voyez-vous l’avenir pour VANA KAM ?
Aujourd’hui, la priorité est d’activer la fonction e-commerce du site internet de VANA KAM. L’idéal serait également d’être référencé dans certaines boutiques de créateurs, éthiques, ou même bio. Pour le moment, je gère l’entreprise seule, je m’occupe de la création des vêtements, de la communication etc. Donc si l’avenir le permet, avoir quelqu’un pour m’aider serait un vrai plus pour développer la marque. Pour moi, l’aventure VANA KAM a commencé en Inde, mais son lancement et son futur sont en France. J’espère que mes créations seront bien accueillies.