WAPA ou comment donner un autre visage à la coopération

Untitled-1

Portée par la conviction qu’il était indispensable de transformer une profonde indignation en action tout en offrant au public de quoi s’identifier plutôt que de quoi culpabiliser, l’association WAPA (War-Affected People’s Association) a été fondée le 8 août 2013 par Solveig Vinamont et Véronique Cranenbrouck, deux jeunes trentenaires belges, amies, passionnées et déterminées. Leur slogan: Rendons ensemble la dignité humaine. Pourquoi un tel projet ? « On en a eu marre de s’insurger face à tout ce qui se passe d’affreux dans le monde. On s’est dit ‘Ca suffit: soit on agit, soit on se tait; rien ne sert de pleurer devant sa télé.’ Alors on s’est lancées. »

« Notre projet est un peu fou : donner un autre visage à la coopération, celui de la subsidiarité ! En effet, WAPA a pour mission de récolter des fonds afin de soutenir des petites associations locales qui luttent pour la réinsertion des victimes de guerre (ex-enfants soldats, veuves de guerre, orphelins,…) dans des pays post-conflit à travers le monde et de renforcer ainsi les capacités locales. Le premier projet a lieu à Gulu dans le nord de l’Ouganda, un pays ravagé par près de 20 ans de conflits armés. »

«On est passionnées par le monde associatif mais révoltées par le manque de solutions durables apportées aux pays post-conflit. En tant que fondatrices de WAPA, on est déterminées à apporter une aide structurelle afin de soutenir les initiatives des populations locales désireuses de reconstruire leur pays ravagé par des années de guerre. La problématique des enfants soldats intrinsèquement liée aux conflits armés et leurs conséquences sont des thèmes qui nous tiennent, depuis toujours, particulièrement à cœur. Loin de ce que font les grosses structures institutionnelles, notre volonté est de construire un projet à visage humain, par le biais de la subsidiarité ! »

« C’est notre expérience de plusieurs années dans le secteur associatif (communication et récolte de fonds) qui nous a réunies autour de ce projet. Charlotte André animée par les mêmes idéaux, a décidé de rejoindre l’équipe. À ce jour, on travaille toutes bénévolement et use de notre pouvoir de conviction pour réduire au maximum les frais de fonctionnement et de récolte de fonds ! Si WAPA en est là aujourd’hui c’est grâce à l’enthousiasme et à la générosité de ses donateurs et partenaires ! »

Une campagne est en cours: construire une maternité ! http://wapainternational.org/fr/72/campagne/women4wapa

« Pour notre premier projet, nous avons décidé d’effectuer la mission en Ouganda, pays tristement célèbre pour ses nombreuses guerres civiles dont la dernière, sanglante (100 000 morts) menée, par le groupe rebelle de Joseph Kony, la LRA. Cette guerre a impliqué notamment l’enrôlement de nombreux enfants soldats (on parle de 35 000), mais également des déplacés (près de 2 millions), des exactions, des violences sexuelles, des mutilations, etc. En 2006, les rebelles de la LRA et le gouvernement ont signé un armistice mettant fin aux hostilités. Malgré le besoin évident de soutenir un pays ravagé par près de 20 années de guerres civiles, les grandes ONG internationales ont plié bagages. Des associations locales ont pris le relais, souvent avec beaucoup de professionnalisme. Malheureusement, les fonds sur place sont largement insuffisants et bien que l’on note un net recul de la pauvreté en Ouganda, les conditions de vie restent catastrophiques dans les provinces du nord. Pour tout vous dire, nous ne nous attendions pas à rencontrer autant de victimes de guerre durant notre mission. Certaines personnes disent qu’une personne sur quatre dans le district de Gulu est un ancien rebelle. En outre, l’Ouganda est un pays partenaire de la Direction générale de la Coopération au développement et Aide humanitaire. »

« L’action de WAPA est basée sur la subsidiarité, c’est-à-dire que c’est notre partenaire local qui gère ses programmes. L’idée de base est de ne pas se substituer aux compétences locales : ce qui peut être fait par la plus petite entité possible doit l’être. En d’autres termes, les acteurs qui connaissent le mieux la situation sont ceux qui la vivent au quotidien. S’ils sont capables de mettre en place des solutions, il faut leur laisser l’initiative. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’aucun soutien n’est nécessaire. En effet, le principe de subsidiarité va de pair avec le principe de suppléance, dans notre cas : la récolte de fonds et la communication. »

Leur partenaire local : Karin Community Initiatives Uganda (programmes de réinsertion socio-économique, soins de santé, micro-crédit):

_DSC5547

http://wapainternational.org/fr