Kamel Daoud: « Le sort de la femme est lié à mon avenir »

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Kamel Daoud, un écrivain algérien, s’est exprimé sur les agressions sexuelles de Cologne: « L’Islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du Ciel et d’un retard sur le Rendez-vous de l’éternité. La Vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme. La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme. La femme rappelle à l’islamiste sa profonde et plus forte faiblesse : le désir. Le désir de vivre, toucher, s’éterniser dans la vie. L’islamisme est un attentat contre le désir. Et ce désir ira, parfois, exploser en terre d’Occident, là où la liberté est si insolente. »

« Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l’avenir des miens. » Si plus d’hommes partageaient cette vision de Kamel Daoud, le monde serait si différent… Or, Kamel Daoud est accusé aujourd’hui de stigmatiser « un milliard de musulmans ». Kamel Daoud a décidé d’abandonner le journalisme suite à une tribune signée par un collectif d’intellectuels dans le Monde lui reprochant son «culturalisme», ses «clichés orientalistes», son «essentialisme», son islamophobie.

La romancière franco-tunisienne Fawzia Zouari, dans le journal Libération, prend la défense de Kamel Daoud: « Kamel Daoud a expliqué que les harcèlements sexuels perpétrés à Cologne par des personnes d’origine arabo-musulmane découlent d’une tradition qui n’a eu de cesse de contrôler la sexualité et de condamner à la frustration ses jeunes. Branle-bas dans les rangs des bien-pensants et avocats d’office des musulmans ! Et pourtant, qui douterait des affirmations de Daoud ? Qui, des signataires du Monde, pourrait démentir que la plupart des sociétés arabes vivent dans un puritanisme outrancier et une grande misère sexuelle ? Les femmes y sont obligées d’arriver vierges au mariage, et les garçons célibataires sont rendus fous par la frustration. La loi religieuse, appuyée souvent par la loi civile, ne permet pas à un homme ni à une femme d’avoir une relation physique avant le mariage. (…) Oui, les femmes sont perçues chez nous comme des corps à cacher. Oui, il y a, dans nos sociétés, un rapport pathologique à la sexualité induit par la morale religieuse. Oui, il y a une forme de racisme qui considère qu’on peut violer une juive ou une chrétienne parce qu’elle vaut moins qu’une musulmane. Oui, les intégristes sont dans la culture de la mort. Oui, les réfugiés en Europe doivent recevoir une éducation à l’égalité des sexes. Oui, il faut leur mettre un traité de laïcité dans la main. Leur enseigner le respect des femmes des autres religions. Des femmes tout court. »

Personne n’ignore que les violences contre les femmes sont une réalité malheureusement dans le monde entier. Il ne s’agit pas de stigmatiser les cultures et les populations. Il existe des musulmans qui contestent les traditions, qui désirent le changement. Tous les jours, des écrivains, des journalistes, des penseurs, des intellectuels, des artistes musulmans participent à la lutte contre les violences faites aux femmes, ressenties comme des violences contre la vie, la liberté et l’égalité. Que ces femmes et ces hommes soient soutenus et non réduits au silence !