Un monde au féminin serait-il meilleur ?

 

Smiling women standing in circle

A quoi ressemblerait la société si nous, les femmes, avions en charge la gouvernance du monde ? Est-ce que nos priorités seraient différentes ? Qu’est-ce qui changerait concrètement dans nos vies ?

J’ai entendu dire souvent: « Si les femmes étaient au pouvoir, il y aurait moins de guerres ». Des sondages indiquent que les femmes sont toujours moins nombreuses que les hommes à encourager l’usage de la force militaire. Qu’indiquent les statistiques ? Que les hommes commettent la majorité des crimes violents, par exemple, tandis que les femmes représentent la majorité des éducateurs chargés de la petite enfance ou des employés de garderie.

Faut-il en déduire pour autant que nous sommes, parce que femmes, plus enclines à la paix, à l’empathie, à la douceur ? Sommes-nous (trop) influencées par des normes culturelles ? Que ferions-nous si nous avions plein pouvoir de décision… L’histoire regorge d’exemples de femmes dirigeantes ayant conduit des politiques étrangères agressives…

Aurions-nous plus d’atouts que les hommes pour gérer notre monde devenu si complexe? Notre capacité à jongler avec de multiples responsabilités et activités, notre intelligence émotionnelle, notre capacité à négocier, à obtenir des résultats de manière plus douce et sereine.

Il est difficile de savoir si nous les femmes sommes plus capables de rendre le monde meilleur tant que les femmes continuent à agir dans un contexte majoritairement masculin. Comment ne pas être influencées par les attitudes « traditionnelles » associées au pouvoir, notamment l’usage de la force verbale ? Et quid du fait d’être confrontées, comme les hommes qui arrivent au pouvoir, à un contexte qui ne permet pas de mettre en place facilement des réformes ?

Les hommes et les femmes de pouvoir doivent gérer l’influence et la contrainte de pratiques et de décisions passées, dépendent de la disponibilité de ressources, de structures décisionnelles dont ils héritent, de l’inertie bureaucratique. Mais à tout cela s’ajoute que le simple fait d’être une femme reste trop souvent encore un « handicap ». Tant de femmes – dans le monde politique, institutionnel, de l’entreprise – ont témoigné de leurs difficultés à faire passer leurs idées tant les clichés perdurent. On apprécie généralement davantage les ‘hommes forts’ que les ‘femmes fortes’, y compris parfois parmi les femmes elles-mêmes.

« Un monde au féminin serait-il meilleur ? », c’est le titre du livre de Muriel de Saint Sauveur qui a demandé «À quoi ressemblerait le monde si vous aviez le pouvoir ?»  à une centaine de femmes dans 33 pays différents. La conclusion de son livre est que le regard des femmes sur un certain nombre de questions semble différent de celui des hommes, que nos priorités diffèrent.

Muriel de Saint Sauveur remarque qu’une majorité de ses interlocutrices n’imaginent pas se limiter à de seules activités rémunératrices et au profit de leur carrière, et investissent en parallèle dans l’humanitaire, dans la solidarité en faveur des plus démunis et des femmes. Les femmes voient sur le long terme et partent du principe que c’est pendant la petite enfance que l’on peut apprendre aux enfants les sujets essentiels : les différences, l’altérité, comment vivre ensemble, les différentes religions, l’autre sexe. Les femmes rencontrées par Muriel de Saint Sauveur font de l’éducation un défi vital.

Il me semble que nous évoluons vers un plus grand partage des points de vue, comme par exemple le besoin, pour les hommes comme pour les femmes, de mieux articuler les temps de vie personnelle et professionnelle.

Je suis persuadée qu’un monde qui intégrera de plus en plus et de mieux en mieux ‘le’ féminin – avec toutes ses facettes, toute sa richesse – sera un monde meilleur !

L’alliance du féminin et du masculin dans la société – et en chacun de nous – est à mes yeux le plus beau défi qui soit !