Continuons la lutte contre l’excision !

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Une femme, parmi bien d’autres, symbolise la lutte contre l’excision, il s’agit de Waris Dirie qui a été excisée, petite fille, en Somalie. Elle est devenue célèbre en tant que top model et depuis des années, elle se bat au côté des femmes pour que cessent ces mutilations.

A l’âge de 13 ans, Waris Dirie a échappé à un mariage forcé avec un homme plus âgé que son propre père et après une fuite et une cavale risquées et difficiles, elle est arrivée à Londres où elle a travaillé d’abord comme femme de ménage. Elle a déménagé à New York où elle est devenue top model. Elle a joué le rôle de la «James Bond Girl» aux côtés de Timothy Dalton. C’est au cours d’une interview qu’elle a décidé un jour de parler du rituel de la mutilation génitale et de raconter sa propre histoire.

En 2002,  Waris Dirie a fondé la « Waris Dirie Foundation » pour renforcer sa lutte. En 2010 l’organisation changé son nom en « Desert Flower Foundation » pour refléter une approche plus étendue. L’équipe de la fondation est composée d’hommes et de femmes engagés pour l’égalité des sexes et pour les droits de l’homme, ils partagent tous l’idéal de Waris Dirie : mettre fin à la mutilation génitale féminine !

Que faut-il faire pour faire bouger les choses? Selon Warie Dirie, convaincre les parents que l’éducation est préférable à l’excision. Le « deal » qu’elle propose pour venir en aide repose sur un concept simple : tant qu’elle ne sont pas excisées, les frais de scolarité des petites filles sont pris en charge par l’association. « Développer l’enseignement en Somalie est essentiel pour protéger les petites filles », martèle Waris. Seules 7% d’entre elles vont à l’école…

Mais ce qui s epasse en Afrique ne doit pas occulter ce qui s epasse en Europe… De nombreux médecins témoignent que beaucoup de souffrances restent encore cachées. Il manque des structures pour accueillir les jeunes femmes victimes d’excision.

A Saint-Denis en France, une « Maison des femmes » – destinée à venir en aide aux victimes de violences et de mutilations génitales féminines – a ouvert cet été pour venir en aide aux femmes victimes de violences. Sur les 4.000 femmes qui accouchent chaque année dans le service de la Docteure Ghada Hatem-Gantzer, chef de la maternité d’un hôpital, qui est à l’origine de cette maison, 15 % sont excisées. Au-delà du traumatisme, ces femmes ne connaissent pas les risques de ces mutilations sexuelles sur leur santé, ni même qu’elles peuvent être « réparées » grâce à la chirurgie.

La Maison des femmes est un lieu hybride, où le personnel soignant pourra prendre le temps d’expliquer, parfois dans une autre langue avec l’aide d’un interprète, d’informer, d’orienter et de prendre en charge. Ce sera aussi un endroit où d’autres professionnels comme des juristes, des psychologues, des associations ou le planning familial auront leur place. Outre les aspects médicaux et chirurgicaux, cette «jolie maison pleine de couleurs», pour reprendre les termes de la Docteure Hatem, sera un lieu de parole, d’écoute, de conseils. Inna Modja est la marraine de la « Maison des femmes ». Pourvu que beaucoup d’autres maisons de femmes ouvrent partout et surtout que ces maisons puissent permettre que de telles violences n’existent plus…

Waris Dirie a écrit deux livres qui retracent son parcours: