Journée de l’égalité des femmes

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Le 26 août marque, aux Etats-Unis, la Journée de l’égalité des femmes, journée qui commémore la ratification du 19ème amendement à la Constitution permettant d’assurer aux américaines le droit de vote. La victoire historique permettant l’admission des femmes au suffrage a été le fruit de nombreuses années d’une lutte menée avec beaucoup de détermination et d’une résistance non-violente. En 1917, les femmes partisanes du droit de vote ont formé, pendant des mois, un cordon de protestation devant la Maison Blanche. Ces pionnières ont subi des insultes, des actes de harcèlement et de violence de la part de personnes qui se sont senties menacées par ce mouvement d’affranchissement.

Nous, les femmes, savons que rien n’est automatique, que nos droits sont constamment à protéger et à défendre. L’actualité ‘brûlante’ de cet été – avec notamment le procès de Jacqueline Sauvage qui a connu l’enfer conjugal et le débat autour du burkini – nous le prouve très clairement. Je trouve le point de vue de Caroline de Haas sur le burkini – interviewée par le magazine Les Inrocks, très pertinent: « On doit respecter l’individu et ses choix, même si on est en désaccord, tout en remettant en question les mécanismes politiques, sociaux, religieux à l’œuvre derrière ces choix. » Elle indique également que c’est contre-productif de pointer des individus du doigt. Et elle ajoute: « Mais si demain une organisation politique vient par exemple m’expliquer que pour être une femme il faut se maquiller et porter des talons hauts, là je rentrerai dans le débat car je serai face à des militants, à une organisation politique. »

On peut lire dans les médias toutes sortes d’opinions concernant le burkini. Ce débat est révélateur de l’ambiguïté que recouvre le mot liberté et sur la difficulté de trouver la meilleure manière de vivre les uns avec les autres dans le respect de nos différences. Chaque expérience compte. Chaque opinion, chaque vision apporte son éclairage sur un sujet complexe et très symbolique. Comme le dit Caroline de Haas, ‘remettre en question les mécanismes’ qui motivent les choix de se comporter de telle ou telle manière est crucial. Juger ne fait que bloquer la situation. Tenter de comprendre les « racines » – conscientes et inconscientes – des comportements, les mettre en perspective, ce n’est pas refuser de les remettre en question, bien au contraire !

Tant de combats pour nos droits doivent être menés en même temps. Restons solidaires. Ne constituons pas des camps qui s’affrontent, ce serait trop ironique alors que nous souhaitons toutes nous sentir libres non ?