Céline Alvarez, une institutrice comme on en rêve !

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Céline Alvarez s’est fixé un cap: actualiser l’héritage pédagogique de Maria Montessori pour faire collaborer l’école et la recherche, la pédagogie et la connaissance objective du fonctionnement de l’être humain. Dans son livre, «Les lois naturelles de l’enfant», Céline Alvarez fait voler en éclat les méthodes traditionnelles de l’enseignement scolaire en vue de mieux prendre en compte les capacités et les rythmes des enfants. Céline Alvarez cherche des solutions pour améliorer l’école et c’est passionnant !

Céline Alvarez a expérimenté, en tant qu’institutrice en maternelle, des outils permettant de révéler spontanément tout le potentiel des enfants. Céline Alvarez a créé une classe à Gennevilliers (Hauts-de-Seine en France) multiniveau – mêlant petite, moyenne et grande sections. Elle y a proposé du matériel en libre accès, comme un « cabinet de géographie », inconnu de la plupart des écoles, vers lequel les enfants pouvaient se tourner au moment précis où ils en éprouvaient l’envie, «pour ne jamais rater la fenêtre de tir permettant d’entrer dans les savoirs», explique-t-elle. Elle a prouvé que l’entraide, l’empathie, la joie, la curiosité que manifestaient les tout-petits étaient les leviers pour apprendre et enseigner.

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Ses résultats sont spectaculaires ! Au bout des trois ans, tous les enfants avaient au moins un an d’avance. Ils savaient lire, compter, parfois dès 4 ans, étaient remarquablement autonomes, sociables, confiants… Les enfants choisissent librement leurs activités, découvrent seuls ou en groupe les lettres, les chiffres, prennent soin des plantes, font des origamis… Céline Alvarez et Anna Bisch, l’Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) qui l’accompagne au quotidien, sont à leur disposition, encouragent le potentiel de chacun. Elles sont très exigeantes sur le langage, n’emploient aucun mot familier, en demandent autant aux enfants. Ils progressent par l’exemple, en regardant faire les jeunes femmes et, surtout, en mettant la main à la pâte. Et puis, ils s’entraident beaucoup. On apprend mieux si on fait ce qu’on aime, si on est en mouvement, si on est accompagné avec bienveillance.

Céline Alvarez est convaincue que «l’être humain possède un potentiel inné pour penser, créer, partager… et que le système scolaire l’empêche d’émerger».

 « La connaissance du fonctionnement du cerveau, notamment celui des enfants, en bouillonnement permanent, avec ses millions de synapses produites chaque seconde, devrait être le dénominateur commun universel de toute initiative pédagogique. »

« Il faudrait aussi mettre les enfants au contact d’une nature foisonnante, leur offrir plus d’activités et de jeux libres, mettre à leur disposition des experts, en musique par exemple, qui peuvent être des adolescents. Que l’école devienne une communauté vivante, dynamique où se côtoient tous les âges. »

« En France, on estime que 40% des enfants sortent du CM2 avec de grandes difficultés, des lacunes qui vont avoir des graves répercutions sur leur parcours scolaire », explique Céline Alvarez. « On s’est trompé, l’école s’est trompée. Enfants comme adultes, tout le monde est épuisé. L’école a été construite sur des traditions, des valeurs mais pas sur des connaissances scientifiques, ni sur les principes naturels d’apprentissage ».

« Aujourd’hui l’école donne à faire à l’enfant des taches indignes de son intelligence. Il faut être plus ambitieux. Lors des trois premières années de sa vie, l’enfant se lève seul, il apprend à marcher, à parler sa langue, et il apprend cela tout seul sans aucun maître. »

 

 

Extrait de la conférence « Fondamentaux pour une transition pédagogique en maternelle »:

Céline Alvarez diffuse sur Internet les outils développés au cours des trois années d’expérimentation pour « proposer une école plus efficace et donc plus juste ».

Lamaternelledesenfants.wordpress.com

Que faire pour que les résultats de Céline percolent dans toutes les écoles ?  La soutenir dans sa démarche via son blog ! En s’infiltrant dans le système, Céline Alvarez espérait parvenir à faire bouger les lignes de l’intérieur. L’ex-institutrice a dû, depuis, quitter son poste, quand elle a compris que ses démarches ne seraient pas sérieusement considérées, ni même étudiées par l’Éducation nationale.

Céline veut, dit-elle, « chercher le trésor caché de l’être humain – car on ne l’a pas encore trouvé. Mettre en lumière les contours d’un cadre pédagogique de base, naturel et universel, pour qu’enfin chacun puisse révéler ses pleins potentiels ». Pourvu qu’elle puisse poursuivre ses recherches !